13/05/2016
Comme je le disais dans un précédent post, on évite de faire du prés, mais parfois, on n’a pas le choix. Pour rejoindre Sal Rei sur l’île de Boa Vista, distante de 73 milles, nous sommes obligés de remonter au vent. Debout à 4h30 pour arriver de jour, nous quittons le mouillage de Carriçal entouré de récifs dans la pénombre, pas très rassurant… La voilure est réduite environ de moitié, 2 ris dans la grand-voile et le génois roulé au 2/3 car la journée s’annonce ventée. Nous avons à peine dépassé la pointe Est de Sao Nicolau que le vent et la mer nous cueillent à froid. Le jour se lève à peine et ORPAO montre toute sa puissance. Nous escaladons et dévalons à 8 nœuds dans de grandes embardées les vagues qui arrivent par le travers et qui essaient de s’inviter à bord. Le pont est trempé en permanence, les pares brises recouverts d’embruns et le cockpit a régulièrement droit à une petite douche. 
Ce petit jeu va durer la journée et c’est avec soulagement que nous arrivons à Sal Rei après avoir paré les dangers de la côte, non repérés et mal cartographiés bien entendu. Une fois à l’abri de la houle du large derrière l’ilot de Sal Rei, nos estomacs ressuscitent et nous mouillons dans un véritable lagon. La traversée ayant durée 10 heures nous sommes arrivés bien avant la nuit.

La maison et le jardin

La voiture sur le parking
Cette île est la plus à l’Est et donc la plus proche de l’Afrique, avec de grandes plages de sable blanc ramené par le vent et des dunes à perte de vue. Nous nous sentons tout de suite bien dans ce nouvel environnement.


Fritz notre voisin allemand est venu à notre rencontre avec un sonore : « bienvenue à Boa Vista » et dès le lendemain nous avons fait la connaissance de Tilo et Eva, couple Franco-Capverdien avec qui nous avons sympathisé. Depuis les journées s’écoulent entre longues marches dans les dunes, visite de l’île en 4×4, pêches miraculeuses, lectures et farniente.





Un des rares points d’eau

Désert de Viana dans le fond

Village Estançia de Baixo

Baraque à frites du Cap Vert

Rue du village de Rabil
Tilo, qui emmène les touristes voir les baleines et les tortues sur son catamaran MAXIMUS (sailingmaximus.com) est mordu de pêche et m’apprend quelques astuces pour sortir les poissons locaux. Et ça marche : j’ai pêché deux petits requins bleus (rapidement préparés en un délicieux colombo coco coriandre) et une autre fois, en une demi-heure, on a pêché avec Tilo une douzaine de poissons que nous avons dégustés tous ensemble le lendemain sur ORPAO.

T’as vu Pascale, je m’améliore…


Dégustation des poissons avec Fritz, Tilo et Eva
La poussiéreuse ville de Sal Rei où nous sommes a connu la prospérité avec l’exploitation des salines, maintenant à l’abandon, recouvertes d’HLM et de résidences de vacances, nouvelle ressource de l’île. Quelques grands hôtels de 1500 chambres disséminés sur les 50 kms de plages accueillent discrètement leur flot de touristes. 



Hotel Riu Karamboa

Crépuscule sur Sal Rei
Ici pas de reliefs au vent accrochant les nuages, l’île est basse et désertique, il pleut très rarement et l’eau vient de l’usine de dessalement. On n’y rencontre que des chèvres parmi les nombreux palmiers et cocotiers et quelques ânes au chômage qui déambulent autour des anciennes salines. 


Chapelle Nossa Señora de Fatima au Nord de Sal rei

Côte au vent

Epave de cargo sur la plage du Nord

Ici, il n’y a pas de culture, tout est importé par bateau de Santiago plus au Sud et les prix sont élevés. Les 9000 habitants vivent du tourisme, de la pêche mais aussi de l’apport des émigrants comme sur la plupart des îles du Cap Vert.
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