Transpacifique de Panama aux Marquises

Du 8/07 au 04/08/2020.

8 juillet, 8h30. Nous levons l’ancre et c’est parti pour une « petite balade » de 4000 MN ! La plus longue traversée que nous ayons jamais faite, 7400 Km à la vitesse d’un vélo en pédalant à deux 24/24 pendant un mois. A un endroit où le vent est souvent aux abonnés absents, nous avons de la chance…un inattendu NW force 3/4 associé la marée descendante nous propulse hors de la rade de Panama City à la vitesse de 8 nœuds, à une allure très confortable. Nous voyons les gratte-ciels disparaître rapidement. Moment de grâce, mais ça ne va pas durer…

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Départ de Panama City…

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…en slalomant parmis les nombreux cargos aux mouillage.

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Derrière nous Panama City et ses gratte-ciels.

4 heures plus tard, plus rien, pétole et… moteur ! Petite consolation, une mini dorade coryphène s’invite à bord pour les 2 repas suivants. La nuit, le vent revient progressivement et comme prévu… de là où nous voulons aller ! Pendant les 8 jours qui suivront, ce sera une bataille contre ce vent et un courant contraire de 1 à 3 nœuds qui s’obstinent à venir de face. Idéalement pour aller aux Marquises, mieux vaut partir plus tôt en saison, vers février-mars, quand vents et courants sont portants. Mais on ne fait rien comme tout le monde…

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Nous longeons ensuite la côte du Panama sous un ciel menaçant.

Le cap est mis sur le Nord de l’archipel des Galápagos, à 900 MN. Pas le choix, passer par le Sud à cette période de l’année c’est mission impossible… Une branche du puissant courant de Humboldt (courant froid qui remonte les côtes de l’Amérique Latine depuis le cap Horn) s’engouffre entre l’Équateur (le pays) et les Galápagos, et remonte vers Panama de façon assez forte en cette saison.

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Premier coucher de soleil sur le Pacifique.

On a coutume de dire que l’allure de près, c’est 2 fois la route, 3 fois la peine. Je confirme! Dans le bateau tout est calé pour ne pas tomber ou glisser de bord à bord. Se déplacer, aller aux toilettes, faire à manger et même dormir devient un challenge. Les jours et les nuits se suivent… un jour sur tribord, l’autre sur bâbord… jusqu’à ce qu’au 5ème jour, le vent tourne enfin de quelques degrés vers le Sud. Nous sommes toujours secoués dans tous les sens mais pouvons enfin faire route directe et ne plus tirer des bords… quel bonheur…!
La vie à bord s’organise et tout ce qui n’est pas essentiel comme manger, boire, dormir à tour de rôle et faire fonctionner le bateau est laissé de côté.
N’ayant pas pu faire un appoint à notre avitaillement à Panama City à cause du couvre-feu Covid, nous étions déjà, au jour du départ, depuis une semaine sur les courses effectuées à Colon, côté atlantique… Et dans cette atmosphère chaude et humide, les fruits et légumes se dégradent très vite. Fred doit rapidement faire des conserves et compotes qui tiendront les 3-4 semaines à venir. Dommage qu’on ne puisse pas faire escale aux îles Galápagos, et y compléter l’avitaillement en fruits et légumes frais…

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Compote de papaye et pesto de persil .

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Saucisson de thon. Excellent…

Nous sommes ravis de naviguer vers les Marquises (surtout après 3 mois de confinement à St Martin) et profitons pleinement du contact permanent avec la nature. En journée, des dauphins et différents oiseaux nous accompagnent et le soir, des fous à bec bleu viennent se poser pour la nuit sur ORPAO. La nuit nous offre une magnifique voûte étoilée, parsemée d’étoiles filantes, et les nuits de pleine lune, la mer est argentée.
Vivre en harmonie avec la nature, c’est très bien mais dans certaines limites… surtout quand le matin je dois nettoyer les déjections nocturnes de nos amis les fous, qui repeignent consciencieusement et à leur manière la peinture antidérapante que j’ai posée avant de quitter St Martin ! Il y a aussi la collecte matinale des calamars et poissons volants qui sautent hors de l’eau à notre approche et de nuit, ne nous voyant pas contrairement au jour, tombent sur le pont ou dans le cockpit. J’en ai même retrouvé dans la salle de bain, le hublot étant resté ouvert…

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Les fous s’installent pour la nuit.

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Les calamars …

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…et les poissons volants qu’on retrouve le matin sur le pont.

15 juillet, jour 7. 4h45. A l’approche des Galápagos, Fred me réveille… le pilote automatique est en alarme et le bateau est à la dérive. La barre ne répond plus. Heureusement les conditions de vent et de mer sont clémentes, et nous roulons le génois, laissant le bateau « bouchonner » grand-voile choquée. A peine levé je me plonge, lampe frontale sur la tête, au fond du coffre arrière sous le cockpit, là où se trouve la pompe et le vérin qui actionnent les safrans. La cause de notre problème est vite repérée : un raccord sur le vérin est desserré et laisse échapper l’huile. Raccord resserré, il faut remettre de l’huile pour que le système hydraulique remarche et pour accéder au réservoir, démonter le tableau de bord au-dessus de la barre et un aménagement dans la salle de bain… Quelques noms d’oiseaux et coulures d’huile plus tard, le système de barre refonctionne et nous reprenons notre route.
Je réfléchis à l’opportunité d’un arrêt d’urgence aux Galápagos (malgré les frontières fermées) pour vérifier tout le système… mais finalement, comme il n’y a rien de cassé, plus rien à réparer, je décide de continuer notre route.
L’idée qu’un simple problème technique pourrait transformer notre quotidien en galère – car nous serions obligés de barrer jour et nuit, pendant 3 semaines, avec une barre franche de secours très dure à manœuvrer – met une nouvelle fois en évidence notre vulnérabilité au large en équipage réduit…

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Nous passons à 65 MN au Nord des Galápagos, à seulement un degré et demi au-dessus de l’équateur, mais le courant froid de Humboldt qui traverse et entoure l’archipel fait fortement baisser la température de l’eau et de l’air. Il fait frais, 15 degrés de moins qu’à Panama, gris, brumeux et humide. Comme dit notre ami Julien du voilier WANDA, qui nous précède, on dirait l’Irlande ! Cette fraîcheur va nous accompagner plusieurs jours, les fruits et légumes apprécient, et nous ressortons pantalons et polaires…
Heureusement, nous allons bientôt arriver sur le courant nord-équatorial qui est plus chaud et devrait nous porter vers l’ouest en augmentant notre vitesse.
C’est avec un petit pincement au cœur que nous passons à la tombée de la nuit l’île Wolf, la plus au Nord des îles Galápagos…nous aurions bien aimé visiter l’archipel et surtout pouvoir y observer des oiseaux rares, dont les fous à pattes bleues, et jouer avec les otaries…mais escale interdite à cause du Covid, dommage.

20 juillet, jour 12. 5h45. Fred me réveille…le moteur fume ! Le vent est tombé, elle a roulé le génois et démarré le moteur. Le temps de ranger les cordages dans le cockpit, le carré est rempli d’une fumée épaisse et d’une odeur de caoutchouc brûlé. Elle coupe le moteur et vient me chercher. L’odeur indique une cause non-électrique (ce qui nous rassure car réduit le risque d’incendie) et il apparaît rapidement que cette surchauffe est due à un problème sur le circuit de refroidissement. Après investigation, je constate que la prise d’eau de mer est obstruée et je décolle, en poussant de l’intérieur avec un tuyau, quelque chose qui colle à la coque juste à cet endroit-là !
Étonnant, à 1700 MN de Panama, si loin des côtes et des détritus apportés par les rivières, au milieu d’une eau magnifiquement claire…ce qui me fait penser à un poisson rémora collé à la coque (c’est arrivé à un ami), ces poissons-ventouse qui s’accrochent sous de gros poissons pélagiques… mystère !

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A droite la turbine fondue. Evidement ca marche moins bien…

Apparemment il n’y a pas trop de dégâts. La turbine qui alimente le circuit d’eau a fondu et j’en ai de rechange. Ouf! Turbine changée, nous remettons du liquide de refroidissement, ne manquant pas évidemment d’en mettre plein à côté, et repartons à la voile pour laisser refroidir le moteur. Le nettoyage des fonds attendra. Quel réveil !
L’incendie à bord et l’homme à la mer sont nos pires craintes en bateau, et cet incident met encore une fois en exergue notre vulnérabilité….
Nous passons l’équateur pour la 3ème fois depuis 2016 (et le repasserons une 4ème fois en novembre lors de notre remontée vers Hawaii).

22 juillet, jour 14. Nous sommes à mi-chemin du parcours, au milieu du grand bleu. Notre AIS indique des cibles à 2 MN plutôt étranges : vitesse zéro, longueur 4m, largeur 4m… qu’est-ce que ça peut être ? Un de ces filets profonds avec balises AIS à la surface, posés et relevés par les grosses unités de pêche industrielle ?
Nous ne voyons rien aux jumelles… et à la radio une voix hurle des instructions à deux autres bateaux en un mélange d’anglais et de ce qui ressemble à du japonais… Ce capitaine qui semble s’énerver tout seul nous fera bien rire !!
Quelques minutes plus tard oh surprise… nous tombons sur une série de bouées, non identifiées, et prenons bien garde à les longer sans passer entre deux… il ne manquerait plus qu’une bouée ou un filet dans les safrans ! Quelle chance, de nuit nous n’aurions rien vu…

23 juillet, jour 15. Je surveille depuis un moment le vit-de-mulet, pièce qui fait la jonction entre la bôme et le mât, car j’ai observé du jeu à cet endroit fort sollicité. Je constate une goupille cassée, et l’axe qui tient la bôme qui commence à sortir de son emplacement, au risque de se tordre et de rendre la bôme inutilisable… Juste à temps, je remplace cette goupille (qui re cassera quelques jours plus tard…il va falloir modifier le système). Fred commence à perdre confiance dans le bateau et à se décourager. Stress et manque de sommeil ne font pas bon ménage.

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Après plusieurs jours de navigation sous spi…

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…la drisse lâche en tête de mât.

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Heureusement on récupèrera la voile sans dommage.

25 juillet, jour 17. 10h20. Ça fait un moment que le vent monte et que je me dis que je dois affaler le spi (voile d’avant légère pour du vent faible à modéré)… Puis clac !! La drisse de spi (cordage en tête de mât) casse et le spi se retrouve dans l’eau. Là pour le coup, c’est Fred qui est réveillée en fanfare ! Nous récupérons la voile et la remontons non sans peine à bord avec l’aide d’un des gros winches… car à la main c’est impossible et probablement le meilleur moyen de tomber à l’eau ! S’en suivent les séances « dénouage » et séchage du spi sur le pont. Il faudra attendre d’arriver aux Marquises pour pouvoir repasser la drisse dans le mât et réutiliser le spi, car en mer c’est impossible à moins d’avoir une mer d’huile, ce qui n’est pas le cas ! La météo des prochains jours annonce même un vent qui forcit…

Encore 1600 MN à parcourir… c’est long !

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Polaire et salopette de rigueur prés des Galapagos. Ici une bonite.

Heureusement la pêche est bonne, ça occupe (entre la prise, la découpe du poisson et le nettoyage du cockpit qui s’en suit, entre 1h30 et 2h) et remplit utilement le frigo.
Nous ne pêchons qu’à la traîne et uniquement lorsque nous en avons besoin.
Le trio gagnant : dorade coryphene (mahi-mahi), thazard (wahoo) et bonite (petit thon).
Les légumes qui tiennent et herbes aromatiques fraîches conservées à l’huile d’olives permettent d’agrémenter et de parfumer tout cela. Réinventer des recettes et modes de préparation amuse beaucoup Fred et on se régale !

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Vent arrière, voiles en ciseaux sur une grosse houle.

30 juillet, jour 22. Plus que 700 MN, 4 à 5 jours…. ça paraît pourtant une éternité !
Les conditions (surtout les vagues) très « rock’n’roll » des 5 derniers jours n’en finissent pas et nous manquons de sommeil, au point d’avoir (surtout Fred) des hallucinations auditives (des voix, de la musique…), phénomène bien connu des coureurs solitaires au large pour qui le manque de sommeil crée parfois jusqu’à des hallucinations d’un co-équipier…

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Il est temps qu’on arrive sinon il ne restera que du bleu…

Nous nous attendions quand même à une traversée plus confortable…
En théorie c’était simple : après une zone délicate de vents faibles et courants contraires la 1ère semaine de Panama aux Galápagos, rejoindre le courant nord-équatorial et là, hop, tel sur un tapis roulant, avancer à grande vitesse et grand confort (un peu comme notre traversée de l’Atlantique du Cap-Vert au Brésil) jusqu’à un point défini (+/- méridien 100° West), passer l’équateur et rejoindre le courant sud-équatorial, second tapis roulant, tout droit vers l’île d’Hiva Oa, au 245°…. Et bien pas vraiment !
Le courant nord-équatorial, qui ne nous a accompagnés que 3 jours, s’est révélé assez faible (1 nœud), pour s’arrêter net (surprenant) face à de nouveaux contre-courants, heureusement eux aussi faibles. Tapis roulant oui… mais contraire…zut !
Le courant sud-équatorial s’est ensuite également révélé assez faible (0,5 nœud) mais effectivement portant, c’est déjà ça !

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Parcours Panama Marquises.

Les alizés du sud-est n’étaient pas « établis et modérés » comme annoncés mais plutôt instables (tournant est ou nord-est) et soit faibles, soit forts, laissant une mer formée pour nous balloter dans les périodes de vents moindres, mettant à rude épreuve notre patience et le matériel….
La houle océanique, loin d’être « Pacifique », n’était pas une belle et grande houle, ample et berçante comme la « respiration » Atlantique, mais plutôt une houle sud-est d’amplitude courte (période 7 secondes) entrecoupée d’une mer « locale » croisée, vagues courtes, dues aux vents d’une direction différente (est, nord-est).

Deux bateaux-amis nous précèdent de quelques jours, le catamaran WANDA et le monocoque L’ÎLE AU LION, et nous partageons quotidiennement par SMS iridium (satellite) nos positions, conditions de mer et de vent, et stratégies. A plusieurs dizaines ou centaines de milles, plus au nord, au sud ou à l’ouest, c’est pareil… Les fichiers météo ne sont pas fiables (sous-estimés en force et avec une direction de vent variant parfois de 20 degrés) et il faut en permanence surveiller et adapter les voiles. Pour avancer à la meilleure vitesse possible et surtout préserver le matériel. Donc même au milieu de nulle part (nous ne croiserons que 2 bateaux de pêche en 1 mois), nous continuons d’assurer nos quarts de veille alors que d’autres équipages nous ont raconté se permettre de longues nuits de sommeil. Vrai ou faux ? Nous les envions un peu…

Avec la fatigue et les petits problèmes techniques qui n’en finissent jamais sur un bateau, le doute s’immisce parfois… Est-ce que ça en vaut vraiment la peine?
Derrière cette longue route vers les Marquises, il y a Hawaii, l’Alaska, la côte Ouest du Canada (Colombie britannique), des Etats-Unis (Oregon, Californie) et du Mexique (Mer de Cortes)… des étendues sauvages et des parcs nationaux exceptionnels… nous rêvons de baleines, d’orques, d’aurores boréales, de glaciers, de volcans, de canyons….
Prendre l’avion serait plus facile… mais nous priverait de l’immense liberté dans le temps et dans l’espace que nous offre le bateau. Il y a tant d’endroits accessibles uniquement par la mer, et la qualité des rencontres y est tellement authentique… Puis arriver dans des villes mythiques comme New-York, San Francisco ou Sydney par la mer, c’est tellement plus magique… Alors oui, nous avons fait le bon choix. Patience !

1er août, jour 24. Plus que 350 MN, on y est presque…
Bonne nouvelle de WANDA qui vient d’arriver à Hiva Oa, il ne serait plus question de quarantaine, ouf ! Après 4 semaines en mer, il ne manquerait plus que ça…
Le vent s’est calmé, un confortable 18-20 nœuds a remplacé le 25-30 nœuds (avec rafales jusqu’à 38 nœuds sous les grains) des derniers jours et la mer s’adoucit. Au portant, voiles en ciseaux, génois tangoné et trinquette, le sommeil devient récupérateur, enfin !
Nous devrions arriver après-demain, en forme !

3 août, jour 26. Déception. Nous pensions arriver à Hiva Oa cet après-midi…mais nos amis de WANDA nous informent que les formalités d’entrées dans le contexte Covid doivent impérativement se faire à Nuku Hiva, l’île « capitale » à 100 MN plus au Nord, nous changeons donc de cap. Les frontières seraient ouvertes depuis le 15 juillet, mais pas pour la plaisance… Allez comprendre ! Ça énerve….

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Arrivée aux Marquises.

En plus, depuis la nuit dernière le frigo est HS… problème sur le circuit de refroidissement par eau du compresseur… je trouve une solution d’attente pour ne pas perdre nos vivres mais il faudrait que je puisse y travailler plus longuement et au calme. Notre grand-voile réclame également des soins… un coulisseau (ce qui permet de hisser / affaler la voile) a cassé et il y a de la couture à faire. Le vit-de-mulet à la jonction bôme-mât (voir jour 15) m’inquiète sérieusement… 3 goupilles de remplacement ont déjà cassé, et impossible de remplacer l’axe par une grosse visse en pleine mer, ça bouge trop… pour préserver la bôme je décide de ne plus utiliser la grand-voile pour l’instant et nous continuons avec génois et trinquette ou génois seul, selon le vent. Il est temps qu’on arrive !

Heureusement, nous ne ferons plus d’aussi grande traversée sans escale. Comme toujours, c’est l’accumulation des petits problèmes qu’on ne peut pas résoudre immédiatement ou totalement, qui en font ensuite des grands.
4 août, jour 27. 6h10. Arrivée à Nuku Hiva, après une distance parcourue de 4023 MN et une vitesse moyenne de 6,2 nœuds. Plutôt une bonne moyenne pour un bateau de voyage !

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Atterrissage sur Nuku Hiva à l’aube.

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Vue sur le mouillage de Nuku Hiva.

Nous allons pouvoir récupérer, ravitailler et bichonner ORPAO qui a besoin de quelques réparations et d’un bon nettoyage. Ensuite, nous aurons 3 mois pour découvrir l’archipel (14 îles, dont 6 sont habitées), notre remontée vers Hawaii ne pouvant se faire avant début novembre, fin de la saison cyclonique en Atlantique nord. Après l’effort, la récompense…

A bientôt pour la suite de nos découvertes !

 

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