Canal de Panama

06/07/2020

Notre quatorzaine au mouillage terminée, nous rentrons une semaine à Shelter Bay Marina pour préparer notre passage côté Pacifique. Malgré le fait que nous ayons pris un agent, les formalités administratives ne sont pas si simples. Des formulaires concernant le bateau, l’équipage, questionnaires de santé, photocopies de toutes sortes, demande de dérogation à la direction des affaires maritimes de Papeete pour rentrer en Polynésie, reçue avec accord favorable mais pas recevable par le « port autority » de Panama car en français, redemandée en anglais…jusqu’au dernier moment nous sommes dans les papiers…

L’avitaillement pour cinq semaines est fait côté Atlantique, en partie par internet et avec un complément en magasin à Colon car à Panama City, il y a une recrudescence de Covid et en plus d’un confinement très strict (jours de sortie différents pour hommes/femmes et horaire de sortie, max. 2 heures, selon numéro de passeport !), le couvre-feu a été ré-instauré.

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Une partie de l’avitaillement.

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Amarres et protections pour les écluses.

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ORPAO est prêt.

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Notre itinéraire entre Atlantique et Pacifique.

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Encore un petit formulaire à remplir, scanner et renvoyer.

Ici les gens prennent l’épidémie très au sérieux, tout le monde est masqué et il y a du gel pour les mains partout.

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Désinfection des bâtiments, ici militaires.

Nous sommes aussi très prudents car nous ne devons absolument pas être contaminés avant la traversée.
Les autorités du canal imposent 4 personnes en plus du capitaine pour tenir les amarres lors du passage des écluses et un pilote de la compagnie du canal. N’étant que 2 à bord nous passerons avec 2 autres voiliers, un petit monocoque avec un couple de jeunes tchèques et un petit trimaran avec un américain. Ainsi groupés « en radeau » avec ORPAO au milieu, nous n’aurons besoin de l’aide que de deux personnes supplémentaires pour les amarres.
La veille au soir du départ, en discutant avec l’américain sur le ponton, on s’aperçoit qu’il n’est pas prêt, son trimaran a des problèmes de batteries et ne pourra pas démarrer. Au dernier moment, notre agent Rogelio doit appeler la compagnie des pilotes pour supprimer un bateau et demander de maintenir le passage des deux autres. Après une petite heure de suspense, il nous rappelle, c’est bon, le passage aura bien lieu le lendemain, ouf ! Rendez-vous à 6h15 pour embarquer les pilotes dans la baie devant la marina.
À minuit nous accueillons nos 2 line handlers, Juan et Angel. Après avoir dormi quelques heures, nous quittons la marina vers 5h30 sous une pluie battante et dans l’orage. Un peu avant l’heure prévue, le bateau des pilotes arrive et Felipe saute sur le pont. Nous sommes prêts mais les conditions météo sont mauvaises, il n’y a aucune visibilité et il faut attendre.

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Le jour se lève et la visibilité s’améliore un peu.

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L’équipe de choc: de gauche à droite, Bruno, Felipe, Angel et Juan, et Fred qui prend la photo.

Une heure plus tard, ça va mieux et le cargo derrière lequel nous allons pénétrer dans la première série d’écluses arrive. Nous le suivons, radar en service.

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Devant les 3 écluses du lac Gatùn, nous mettons à couple les deux bateaux avec des cordages puis nous avançons lentement entre les murs de béton. Les line handlers récupèrent les toulines (petites balles assez lourdes accrochées à l’extrémité de petits cordages) envoyées par les agents du canal qui se trouvent 10 mètres plus haut. Ils y accrochent les gros et longs cordages qui vont nous maintenir au milieu de l’écluse. Les portes se referment ensuite derrière nous. Nous quittons l’Atlantique. Dans des remous impressionnants nous montons en 3 étapes d’environ 27 mètres pour être au niveau du lac Gatùn, que nous allons emprunter pour rejoindre le Pacifique.

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Mise à couple de Polka…

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…et entrée au pas dans la première écluse de Gatún.

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Ensuite les agents du canal nous lancent les toulines…

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 … et nous accompagnent dans l’écluse.

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Les portes se ferment, l’Atlantique est derrière nous.

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Fred contrôle la tension de l’amarre pendant la descente…

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…dans les remous de l’hélice du cargo.

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Le lac Gatùn est un lac artificiel avec un barrage sur la rivière Chagres. Il alimente en électricité et en eau le système complexe d’écluses et aussi plusieurs villes. A l’extrémité de ce lac serpente le canal taillé dans la roche et qui aboutit aux 3 écluses, Pedro Miguel, une, et Miraflores, deux, qui vont nous redescendre au niveau de la mer.

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Navigation sur le lac Gatún.

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Croisement à risque entre un méthanier et un gros porte conteneurs.

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Des mastodontes de 300 mètres nous dépassent. Ici un super tanker.

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La voie ferrée près du chenal défoncée la semaine précédente par un cargo en avarie de gouvernail…

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Relève acrobatique du pilote sur un porte conteneurs en mouvement.

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Pendant ce temps là, Angel s’accorde une bonne sieste…

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…et Fred fait à manger pour 5 personnes.

 

Cinq heures plus tard nous remettons les bateaux à couple pour cette dernière étape. Pour la descente, nous passons devant les cargos dans les écluses. C’est de nuit et de nouveau sous la pluie que le Pacifique nous accueille. Nous passons sous le pont des Amériques qui relie l’Amérique du nord et du sud sans le voir, puis nous débarquons nos line handlers et le pilote. Bien fatigués, nous jetons l’ancre vers 21 heures face à Panama City et ses gratte-ciels illuminés.

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Attente de l’ouverture de l’écluse de Pedro Miguel.

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Arrivée du cargo qui va nous accompagner dans l’écluse.

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Ca passe tout juste … moins d’un mètre de chaque côté…!

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L’écluse suivante, nous la passons à couple d’un remorqueur.

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Fatigués mais contents.

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Ecluses de Miraflores.

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Miraflores, dernière écluse, le cargo bleu « Feng Shou Hai » derrière nous.

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Dans le fond, le Pacifique.

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Dernière descente…

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…et dernière porte. Nous sommes dans le Pacifique.

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Vue depuis notre mouillage sur Panama City…

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…et au loin, le pont des Amériques qui enjambe le chenal derrière la digue.

Le surlendemain, nous avons rendez-vous avec notre agent pour lui rendre son matériel, cordages et pare-battages, et faire notre sortie du pays.

 

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En temps normal, le passage du canal par les petits bateaux (moins de 65 pieds) s’effectue en 2 jours, avec une nuit au mouillage sur le lac. Mais avec le covid, pour éviter au maximum les contacts avec les agents du canal, la nouvelle procédure nous l’impose sur la journée.
Notre agent Rogelio nous a vraiment été d’une grande aide. Sans lui, cela aurait été beaucoup plus long et compliqué.

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Pour ceux qui veulent un agent, c’est le meilleur.

 

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Merci Rogelio.

 
Nous sommes le 7 juillet…Devant nous s’ouvre un autre monde et environ un mois de navigation…
A bientôt, depuis les Marquises.

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1 Response to Canal de Panama

  1. Avatar de Jackie Delozanne Jackie Delozanne dit :

    Houaou, quelle aventure! l’affaire n’est pas simple normalement, mais fait partie du voyage. Le Covid vous a imposé ses règles, je me demande quel est le sentiment que vous en tirez maintenant et le souvenir que cela vous laissera dans quelques temps. Ce qui est sur, c’est qu’à la sauce Covid, l’expérience est unique. Je vous souhaite une traversée là encore unique par le bonheur que vous en tirerez et les longues histoires à raconter. Nous sommes dans l’attente et vous ne rêvez pas, vous allez vous trouver un mois au moins sans masque. Bon vent, belle mer et santé de fer. Bises

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