On y va, on n’y va pas ?

28/05/2016

On ne va pas à Maio, trop de vent annoncé pour mouiller devant la plage. On va à Santiago, mais où ? Pas à Praia où règne un climat d’insécurité entretenu par les gangs et le trafic de drogue (vols et agressions ont eu lieu sur des voiliers et récemment onze militaires ont été tués dans leur caserne). Alors on va à Tarrafal au nord de l’île de Santiago et en plus c’est moins loin…

Départ de Sal Rei à 5h30 pour parcourir 80 milles et arriver avant la nuit. Tilo, accompagné de ses frères, Eva et de leur bébé Martin, nous suit sur son catamaran Maximus. Ils vont passer une semaine dans leur famille au nord de Tarrafal.

7h00, grosse touche sur la canne bâbord, le temps de ralentir ORPAO et je ramène un Barracuda de plus d’un mètre. Malheureusement au moment de le hisser à bord, le bas de ligne lâche, dommage car on aurait été nombreux pour le manger…Il n’y aura plus de touche de la journée et la traversée se passe tranquillement dans des vents assez faibles, on enverra même le spinnaker.

Nous mouillons vers 18h30 dans la baie de Tarrafal et découvrons un joli site qui nous rappelle la méditerranée. Santiago est la plus grande île de l’archipel et rassemble la moitié de la population du Cap Vert soit 270.000 habitants dont la moitié à Praia, la capitale et siège du gouvernement. L’île s’étend sur 55kms du Nord au Sud et 29 d’Est en Ouest, un massif montagneux au centre avec un point culminant à 1392 mètres, un massif montagneux au Nord et entre les deux une zone de plateaux. A la campagne, les gens vivent dans le plus grand dénuement au milieu de leurs animaux, poules, chèvres, vaches, cochons et de nombreux chiens errants. Les maisons ne sont pour la plupart pas terminées et restent couleur ciment, ce qui donne un aspect assez triste aux villages.

Tarrafal est une petite ville de pêcheurs où nous avons rapidement trouvé nos marques. Nous allons manger de temps en temps au « Buzio », petit resto tenu par Zezinho le plongeur rencontré sur la plage, où nous dégustons de délicieux buzios justement (savoureux coquillages servis en ragout), du poulpe et de la langouste. Ici, on ne se sent pas en danger mais nous devons prendre quelques précautions comme faire garder l’annexe sur la plage. Partout où nous allons nous sommes les seuls européens, pas de touristes, ce qui peut parfois être assez oppressant mais les gens d’ici sont plutôt accueillants.

Au mouillage, peu de bateaux de passage, quelques Français qui viennent du Sénégal ou qui vont vers le Brésil. Nous avons comme voisin depuis quelques jours le très médiatique Corentin De Chatelperron, parti pour 3 ans autour du monde, entouré de jeunes ingénieurs sur « Nomade des mers », bateau labo, mélange de poulailler et de serre (voir nomadesdesmers.org et goldofbengal.com si vous voulez en savoir plus).

Nous commençons à préparer la transat. J’ai résolu quelques menus problèmes d’étanchéité sur les hublots de coques de la cabine avant, qui ont été (mal) posés en Grèce. Pendant ce temps, Fred a caréné la coque et nettoyé hélice et anodes de protection en plongée bouteille. Nous sommes aussi allés à Praia dans le Sud de l’île en voiture pour faire nos visas de sortie et par la même occasion compléter l’avitaillement.

J’ai demandé à l’officier de l’immigration, comme il est d’usage depuis 2012, une autorisation pour nous rendre sur Fogo et Brava -les îles les plus à l’Ouest- avant de quitter le pays et ainsi nous éviter un laborieux retour contre le vent à Praia pour faire les formalités de sortie. En vain. Nous sommes donc dans l’illégalité à partir de maintenant…

En ce qui concerne les courses, on nous avait parlé d’un supermarché sur 3 étages et d’une chaine de magasins « bien achalandés »… nous nous attendions donc à trouver de tout dans une ville de 130.000 habitants. Or nous sommes tombés de haut… les magasins sont effectivement plus grands mais on y trouve la même chose qu’ailleurs, c’est-à-dire le strict minimum. Il va falloir être bon à la pèche…

Pour la suite, nous avons fait une croix sur une éventuelle escale au Sénégal. La saison avance et des problèmes d’insécurité et les formalités d’entrée compliquées nous en ont dissuadés. On préfère se focaliser sur les îles de Brava et Fogo avant la traversée prévue deuxième quinzaine de juin. Nous attendons une meilleure météo, en principe demain dimanche, pour rejoindre Brava où le mouillage est exigu et soumis à la houle.

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Traversée calme sous Spi

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Notre mouillage à Tarrafal

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Maison des pêcheurs sur la plage de Tarrafal

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Vallées et Plateaux vus de la route des crêtes

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Récolte du foin pour les bêtes

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Fromager géant à Boa Entrada

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Où s’est réfugié un Martin Pêcheur avec sa proie

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Village de pêcheurs de Ribeira da Prata

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L’île volcan Fogo distante de 70 kms

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Retour de pêche à Cidade Velha au sud de l’île

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Colonne pour accrocher les esclaves et les vendre à Cidade Velha

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Mouillage de Praia, dangereux et à éviter

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Retour de pêche à Tarrafal

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Poissons mais aussi fruits et légumes frais

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Sur la plage de Tarrafal

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Livraison rapide, 10 mètres entre le bateau et le pickup

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Faute de mieux, un poisson fera l’affaire…

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La police embarque deux pêcheurs qui se bagarraient sur la plage…

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Zezinho nous a trouvé deux langoustes

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Qui seront grillées une heure plus tard…

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Achat de fruits et légumes dans la rue, directement aux producteurs

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