16, 17 et 18/06/2016
4h30, le réveil sonne, un petit café, un biscuit, les sacs dans le Zodiac et vite à la rame rejoindre le quai et sortir l’annexe qui restera sous la surveillance d’Alberto. Distribution de sacs plastique dans le ferry car le canal entre Brava et Fogo peut être très agité. L’ancien bateau, déséquilibré par les vagues, a sombré devant le port de Fogo faisant de nombreuses victimes.
Aujourd’hui la mer est calme et nous arrivons à Fogo vers 7h00. Vitalzinho nous attend avec l’incontournable pickup Toyota pour nous emmener faire le tour de l’île avant de monter dans la caldeira à 1700 mètres où nous passerons deux nuits. Mais d’abord, petit déjeuner capverdien, cachupa et œufs et c’est parti pour la journée.
L’île, comme la plupart des autres, avait reçu le nom du saint du jour lors de sa découverte « St Philippe » puis c’est rapidement devenu Fogo à cause du feu qui couve dans ses entrailles.
Après un arrêt à Ponta Salina, port naturel où on peut admirer une arche et un long canal formé par la lave qui se jetait dans la mer, nous montons à Paï Antonio au-dessus de Mosteiros. La pente sur le versant atteint 30%. Sur le sentier muletier où nous emmène notre guide, nous découvrons les plantations mélangées de caféiers, manguiers, papayers, bananiers, vignes et pommiers. Le sol est très fertile et les récoltes abondantes.
Après le repas pris à Mosteiros, deuxième ville de l’île après St Philippe, nous montons sur les flancs du volcan vers un autre monde. Dès l’entrée du parc la puissance et la sauvagerie de la nature s’impose. Nous restons bouche bée devant ce paysage grandiose issu des éruptions successives. Le volcan, actif, a grondé en 1951, 1995 et plus récemment en 2014. Devant nous la route s’arrête, emportée il y a deux ans à peine par une coulée de lave. Nous empruntons une piste pour arriver à destination au cœur de Cha Caldeira (plaine du cratère).
La maison d’hôtes Casa Mariza, du nom de sa dynamique propriétaire capverdienne, fut recouverte par 18 mètres de lave – comme les deux villages à coté – lors de la dernière éruption. La nouvelle Casa est reconstruite au même endroit sur la lave, ça se sent et ça s’entend. La chaleur arrive par le sol, impossible de rester pieds nus sur le carrelage. Les nuits sont étouffantes et ponctuées des gros bangs de la lave qui se rétracte.
Mais on n’est pas là pour dormir. Réveil à 5h00 pour partir avec notre guide Joao à l’assaut du Pico Fogo qui culmine à 2829 mètres. Nous traversons des paysages désolés où par miracle pousse une vigne qui donne un très bon vin blanc. Après quatre heures d’ascension dans un décor sublime nous faisons une pose au bord du cratère. La descente sur une pente à 50% s’effectue en courant dans la pouzzolane vers le cratère de 2014.
Retour à la Casa après 8 heures de rando, un peu mal aux pieds – qui ne sont plus habitués à porter des chaussures -mais pas fatigués. Nous sommes dans cet univers contrasté de calme et de violence latente comme chargé par l’énergie du volcan qui bouillonne sous nos pieds.
Passer deux jours dans cet environnement, ça va, mais y vivre relève du véritable challenge. Pas d’eau, pas d’électricité, le premier magasin à 1h30 de pistes et routes tortueuses. Tout est dur ici. Mais malgré cela, les villageois relogés à l’extérieur par le gouvernement, reviennent peu à peu reconstruire leurs vies sur les maisons englouties. Ils ne supportent pas le tumulte de St Philippe.
Visiter Fogo avant de quitter le Cap Vert c’est un peu la cerise sur le gâteau. Toutes les îles de l’archipel méritent d’être vues mais sans conteste, Fogo laissera une trace indélébile dans nos mémoires.

Traversée du canal sur mer calme

Saint Philippe au petit matin

Petit déjeuner capverdien avec Vitalzinho et la serveuse

Ponta da Salina

Culture au pied du volcan à Mosteiros


Mosteiros

Entouré par des coulées de lave

Pai Antonio

et ses plantations de caféiers, bananiers, papayers etc…

Fabrication artisanale du café

Récolte du foin

Ferme sur les pentes du volcan

Entrée du parc naturel

La route s’arrête là

Pico do Fogo, Pico Pequeno et à gauche le cratère de 2014

Coulée de lave de 2014

Maison traditionnelle épargnée par la coulée…

ou reconstruite sur la lave


Vue de notre chambre

Casa Marisa



Pied de vigne


Village englouti en 2014

Coopérative viticole

Début de l’ascension

Sommet de Pico do Fogo

Le cratère

Repos bien mérité avec nos guides

On va descendre vers le cratère de 2014, là en bas…

En courant, c’est plus marrant

Mais, interdit de tomber, c’est trop raide

Epargnée

Pas épargnée
Coucou les amis. Merci pour ces très beaux récits d’une belle aventure que vous nous faites partager. Je pense à vous pour la prochaine grande traversée . A bientôt . De l’autre côté… …
Je vous embrasse. Jackie
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Bravo pour la périlleuse escalade de Pico. Déjà rien que les photos donnent des crampes au ventre tant c’est pentu…!
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