23/06/2016
Après Fogo, nous avons retrouvé la quiétude de petit port de Furna sur Brava et nous commençons à suivre de près la météo pour un départ dans les prochains jours. Malheureusement, la saison des pluies arrivant bientôt, les alizés de Nord Est puissant jusqu’à maintenant sont aux abonnés absents. Une grande zone de calmes s’étend sous le Cap Vert jusqu’à l’équateur. Nous devons attendre des jours meilleurs…
Ici les festivités de la St Jean battent leur plein et nous, nous préparons la transat. Nous devons prévoir suffisamment de nourriture et d’eau potable pour 15 jours mais aussi faire les pleins des réservoirs de gasoil, 400 litres + 60 de réserve en jerricans.
En Europe, c’est facile, on va chez Carrefour ou Auchan puis on passe à la station-service du port avec le bateau. Ici, c’est plus compliqué, au Cap Vert on ne trouve pas grand-chose dans les magasins et sur Brava, la plus petite île et la plus isolée, encore moins… Il faudra se contenter de l’épicerie du coin pour les denrées non périssables et quelques surgelés pour les premiers jours de traversée. Pour les fruits, légumes et œufs, ça va, on trouve au marché. Nous aurons du pain frais pour quelques jours, après ce sera du pain grillé. Quant au gasoil, la station est à la capitale, Nova Sintra. Nous irons en aluger avec les jerricans pour le complément ayant fait le plein à Mindelo il y a deux mois. Nous comptons aussi beaucoup sur la pêche pour remplir le frigo.
Il y a aussi beaucoup de choses à régler via internet avant de partir car nous allons être coupés du monde plus de deux semaines. Notre cordon ombilical avec la terre sera notre téléphone satellite iridium. Installé principalement pour recevoir des fichiers météo, obtenir en cas de problèmes de santé un diagnostic à distance via les médecins du CCMM au CHU de Toulouse, organiser les secours en cas de détresse en complément de la balise via le Cross Gris Nez qui coordonne les secours des marins français dans le monde entier, nous pouvons aussi envoyer et recevoir des mails et aussi des SMS.
Ainsi, j’enverrai notre position, cap et vitesse moyenne à mon fils Romain qui sera notre interlocuteur privilégié et suivra notre route sur une carte marine papier. Ayant à sa disposition des cartes météo de zones plus grandes que celles dont je dispose à bord, il pourra éventuellement nous informer de l’approche d’une dépression.
Mais ma principale préoccupation, hormis la gestion du sommeil, sera de négocier la Zone de Convergence Intertropicale, plus communément appelée pot au noir, qui s’étend de l’Afrique à l’Amérique du Sud. Cette zone qui peux faire 500 milles de large entre les alizés de nord-est et les alizés de sud-est en a fait baver à de nombreux marins, non pas à cause des tempêtes mais à cause de ses calmes plats entrecoupés d’orages et de grains violents dans lesquels des bateaux de la marine à voile restaient englués des semaines et plus récemment causant beaucoup de tracas aux coureurs du Vendée Globe et leurs routeurs à terre hypothéquant parfois leur chance de victoire. Nous n’avons pas envie de subir le même sort et je vais donc essayer de passer au plus vite cette zone quitte à utiliser le moteur.
L’option que j’ai choisie, et qui sera adaptée en fonction du système météo rencontré, est de descendre plein sud jusqu’à recevoir des vents de sud, d’incurver ma route vers l’ouest au prés sans dépasser 28° de longitude ouest (pour ne pas me retrouver bout au vent au large des côtes du Brésil) puis abattre (passer de 45 à 60° du vent par ex) dans les alizés de sud-est de l’Atlantique Sud et continuer ainsi jusqu’au Brésil. Si notre route et les conditions météo le permettent nous ferons une escale à Fernando de Noronha, archipel à environ 200 milles de notre destination Jacaré sur le Rio Paraïba entre Natal et Reciffe.
Voilà pour la théorie, mais la route est longue (environ 1500 milles) et il n’y a rien de plus aléatoire que la marche d’un voilier.
Alors on en reparlera au Brésil.

Salut Bruno
Je viens de me connecter a ton blog, sympa.
A l’heure ou j’ecris si tu es parti comme prevu le 28 tu ne devrais pas etre loin. Fais moi signe quand tu touche terre.
Vous etes superbes tous les deux. Belle aventure.
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