28/06/2016
Après avoir effectué les formalités de sortie du Cap Vert auprès de Jorge le chef de la police, nous sommes partis mardi 28 juin à 10h00. Alberto était là pour nous aider à larguer les amarres et c’est avec un petit pincement au cœur que nous avons quitté Brava pour la traversée vers le Brésil. La météo n’annonçait pas de vent mais nous sommes quand même partis sous voiles en profitant de l’effet venturi entre Fogo et Brava.
Nous avons ensuite alterné voile et moteur pendant quatre jours, les alizés de Nord/Est étant poussifs en cette saison. Puis comme prévu le vent est arrivé par le Sud, nous permettant de continuer sous voiles. La traversée du pot au noir tant redoutée a duré trois jours dans une atmosphère surréaliste, de grosses averses mais pas trop de vent, quelques orages à l’horizon, une houle désordonnée et beaucoup d’algues à la surface de l’eau. Puis le vent a tourné progressivement au Sud-Est nous permettant de faire une route directe vers Fernando de Noronha, mais au prés la plupart du temps et dans une mer assez formée, 2 à 3 mètres de houle de travers. Pour le confort, on fait mieux… Dans ces conditions, tout devient compliqué, se déplacer à bord, faire à manger, manger et même dormir. Le pont du bateau est arrosé en permanence et parfois des embruns arrivent dans le cockpit où nous sommes refugiés…
« Mais qu’est-ce que vous faites pendant tout ce temps », vous allez me dire… Et bien pas grand-chose, on lit, on pêche, enfin on essaie, on mange et on dort. En fait nous nous croisons. Pour assurer la veille, nous faisons chacun notre tour un quart de quatre à six heures et ainsi de suite. La vie en haute mer n’est pas monotone, elle est juste moins trépidante qu’à terre. Elle est ponctuée de petits évènements, un cargo qui nous croise, la ligne de traine qui se déroule et qui casse, une tortue qui se cogne à la coque, un fou de Bassan qui survole le bateau ou des poissons volants qui finissent leurs courses sur le pont, le soleil qui se couche, la lune qui se lève. Le temps est à la contemplation, l’introspection, la méditation…
Aprés huit jours et demi, nous avons fait escale à Fernando de Noronha, archipel au large des côtes du Brésil. Arrivés de nuit, nous mouillons à l’entrée de la baie après nous être fait une frayeur en rentrant dans une zone de corps-morts remplie de bateaux invisibles dans l’obscurité. Nous ferons un deuxième mouillage plus confortable près du port plus tard dans la journée. Ici dans une pseudo réserve, l’élite du Brésil vient passer quelques jours de vacances. Nous ne resterons que 3 jours car tout coûte cher, jeter l’ancre, allez à terre, visiter la partie réserve etc… Ceci étant, c’est très beau et les plages sont somptueuses. Nous quittons l’archipel au coucher du soleil pour arriver de jour (le surlendemain) à l’entrée du Rio Paraiba prés de Joao Pessoa et si possible avec la marée montante.
Dès la pointe Ouest de l’île dépassée, la houle de Sud malmène le bateau et c’est environ 40 heures de prés qui nous attendent. C’est avec soulagement que nous nous présentons devant le chenal d’accès à la rivière, bientôt le bateau glissera sur des eaux calmes. Le 11 juillet vers 10h00 nous sommes amarrés au ponton d’accueil de la Marina Jacaré. Place ensuite aux formalités d’entrée, une partie ayant été effectuée à Fernando de Noronha.
Cela fait maintenant une semaine que nous sommes à Jacaré. Nous désarmons et nettoyons le bateau qui ne bougera plus avant début novembre pour remonter vers les Antilles. Nous préparons également, en attendant nos amis les Loriette, notre périple sac à dos à travers le Brésil.
Si je devais faire le bilan de cette traversée, je dirais que c’était plutôt rapide mais inconfortable. Nous avons mis 10 jours et 9h30 pour parcourir 1536 milles. 79h00 de moteur dont 12 pour recharger les batteries. La journée la plus lente, 111MN/24h à 4,6 nœuds de moyenne. La journée la plus rapide, 207MN/24h à 8,6 nœuds de moyenne. Nous avons fait environs 60 quarts de quatre heures à nous deux. Le bateau a une nouvelle fois montré tout son potentiel et nous nous sommes toujours sentis en sécurité à bord. Nous naviguions plutôt sous-toilés et avons anticipé un maximum. L’option de route choisie s’est avérée payante et nous n’avons parcouru, en faisant du Sud dès le départ, que 100 milles de plus par rapport à l’orthodromie (distance la plus courte). Malheureusement, faute de ne pas être équipé correctement, nous n’avons sorti aucun poisson, la ligne se brisant à chaque touche car trop fine pour la taille des poissons.
Vendredi soir nous partirons pour environ six semaines sac à dos sans ordinateur. On vous racontera notre périple en rentrant.

Départ de Brava

Nettoyage des aussières utilisées à Brava

Ce qui reste du pavillon de courtoisie Capverdien après 2 mois et demi de vent fort…

Croisement en haute mer


La pêche ne marche pas mais les poissons montent à bord quand même…



Le Pot au Noir

Fred hors quart

Bienvenue dans l’hémisphère Sud

Coucher de soleil sur la grande houle de l’Atlantique Sud

Découverte au réveil du mouillage de Fernando de Noronha


Nos deux mouillages


Capitainerie de Fernando avec le responsable Carlos Flor qui veut voir notre blog

Praia do Cachorro

Palacio du gouverneur

Resto dans le village

Baia de Santo Antonio après l’averse

Bureau où nous ferons les formalités d’entrée au Brésil

Praia da Conceiçao

Praia do Boldro

Notre carrosse pour la journée


Praia da Cacimba do Padre

Pic-Nic avec la visite inattendue de 50 lézards

Notre mouillage Baia de Santo Antonio le soir de notre départ

Première vision du continent Sud Américain

Sur le Rio Paraíba avec Joao Pessoa au fond

Village de pêcheurs sur le Rio

ORPAO se repose au ponton de Marina Jacaré Village

Séance pliage de voiles

Gros rangement en perspective

Notre environnement sur la rivière

Nos voisins en taxi boat
Magnifique!!
Bon périple au Brésil et à dans 6 semaines pour le récit 😉
Bizzz à vous 2
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Wouaaawww! C’est top les gars 🙂
Merci pour votre récit et les photos. Bravo Fred pour ta 1ère traversée!!! You did it. Bravo à Bruno aussi! Je vous admire. Je vous envie un peu 😉
Orthodromie, prés, on va aussi devenir expertes 😉 Les 60 quarts à vous 2 m’ont bluffé.
Vous n’avez pas trop le mal de terre maintenant 😉 ?
En tous cas, profitez bien de votre super trip au Brésil.
Je vous embrasse bien fort. Merci pour ton mail Fred et les news via Steff.
A tout bientôt et… prenez soin de vous…
Pat
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Superbe, Vs l’avez fait… Chapeau ! Et surtout, bon trip au Brasileo.
Amitié
Max
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Intéressant de lire votre périple accompagné de belles photos, ça donne envie de partir!!!
Que l’aventure continue encore longtemps.
Bises à vous deux
Jean Yves
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Bravo les jeunes. Tu me raconteras ca de vive voix un de ces jours . J’avais perdu le lien du blog , et je viens de le retrouver. Bise a vous deux.
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Ça méritait bien une deuxième lecture, la belle aventure continue sans les aléas du vent pour quelques temps. A bientôt… en vrai j’espère. Bises à vous deux.
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