L’enfer vert

 

Du 27/07 au 2/08

Le bus était super et nous étions dans des fauteuils-lits très confortables, juste derrière le pare-brise, au-dessus du chauffeur. Aux premières loges pour les paysages !… Mais rien ne nous échappait des imprudences, infractions, dépassements scabreux et accidents de la route spectaculaires. Sans compter l’état des routes… La courte nuit fut donc plutôt secouée et stressante ! Arrivés à Belém en avance sur l’horaire, pas étonnant vu la course-poursuite des bus la nuit, nous prenons le petit déjeuner sur l’incontournable marché de Ver-O-Peso où arrivent les produits des quatre coins de l’Amazonie.

Belém a connu une prospérité fulgurante au début du 20e siècle grâce au commerce du caoutchouc, avant que les cours ne s’effondrent. Capitale de l’Etat du Para, cette mégapole de plus de 2 millions d’habitants est pour nous la porte d’entrée de l’Amazonie, vaste région qui s’étale pour 60% au Brésil et aussi au Venezuela, au Suriname, en Guyane française et anglaise, en Bolivie, en Colombie, en Equateur et au Pérou. Cette région immense recèlerait un tiers à la moitié des espèces vivantes sur terre…

Le fleuve Amazone, qui s’étire sur 8.000 kms, rejette un cinquième des eaux douces mondiales vers la mer, compte 1.100 affluents dont 17 plus grands que le Rhin, et peut faire par endroits à la saison des pluies jusqu’ à 45 kms de large. Au-delà des chiffres, ici tout est grand. L’île de Marajo dans l’estuaire devant Belém fait la taille de la Suisse… Dans la région les choses n’ont pas beaucoup changé depuis l’arrivée des Espagnols au 16e siècle… Il y a bien eu une tentative de construction de voie ferrée, mais vite abandonnée à cause de l’instabilité des terrains, et la construction de la route transamazonienne reliant Belém à Manaus, mais celle-ci fait un très grand détour par le sud et, en grande partie en terre battue, devient impraticable à la saison des pluies… Pratiquement tout le trafic fret et passagers se fait donc par le fleuve, véritable cordon ombilical pour les 25 millions de personnes qui vivent aux abords de l’Amazone. Les plus pressés et plus riches prennent l’avion.

Nous nous mettons rapidement en quête d’un bateau pour remonter jusque Santarem, à 840 kms, et visitons Belém et ses parcs animaliers. Trois jours plus tard nous embarquons sur l’Amazonia, vieux bateau isolé loin de la gare maritime, sur des docks désertés à l’autre bout de la ville, avec son non moins vieux capitaine (75 ans, connaissant l’Amazone comme sa poche et naviguant à vue… !)

L’heure de départ est approximative (midi selon les uns, 15h selon les autres…) et nous ne partons que lorsque le chargement des marchandises est terminé. Il est finalement 14h00 quand les amarres sont larguées et nous devrions arriver à Santarem dans trois jours et trois nuits. L’ambiance à bord est bon enfant, beaucoup de brésiliens -seuls ou en famille- et quelques routards s’installent sur les 2 ponts dans des hamacs multicolores. Quelques cabines et « suites » (cabines avec douche) climatisées se trouvent à l’avant et à l’arrière du bateau. En bas, la soute est pleine à craquer.

Nous quittons Belém et ses gratte-ciels pour nous retrouver quelques minutes plus tard à longer les rives du fleuve afin de moins subir le courant. Le dépaysement est total. Nous pénétrons dans la plus grande forêt du monde et prenons rapidement nos marques dans ce nouvel univers qui défile sous nos yeux. Les riverains nous saluent et s’invitent parfois à bord, en abordant le bateau qui continue sa route sans ralentir, pour nous vendre des produits locaux. Ceux-ci sont souvent les bienvenus car les repas proposés à bord sont peu variés et il n’y en a pas pour tout le monde… Le bateau fait escale dans plusieurs petites bourgades qui rentrent en effervescence le temps de décharger le fret et quelques passagers, avant de se rendormir après notre passage. Nous descendons parfois dans ces endroits perdus pour faire quelques courses – des biscuits et de l’eau – à la seule épicerie du coin. Le capitaine sonne le rappel en donnant 3 coups de corne de brume avant de partir. Gare à celui qui traine un peu… Certains ont dû rattraper le bateau en pirogue !

Dès notre arrivée à Santarem, nous sautons dans un taxi pour Alter do Chao à 35 kms plus à l’ouest, sur le Rio Tapajos, un des plus gros affluents de l’Amazone. Et là, surprise ! Dans ce gros village perdu au milieu de la forêt, nous découvrons de magnifiques plages de sable blanc, bordant un lagon aux eaux turquoise et limpides.

Suite au prochain épisode…

img_0634-copie-2

1

Un peu fatigués après le bus de nuit

12

Marché de Ver-o-Peso vu du port

 

Boutiques du marché de Ver-o-Peso

 

29

Parc animalier de Belém, un avant-gout de la faune d’Amazonie

 

33

Embarquement sur l’Amazonia

35

34

Chargement du fret

38

Repas acheté sur le quai avant le départ

39

Notre cabine, partagée avec une centaine d’autres personnes…

44

Départ de Belém

 

524657717255706960

32

Vues depuis le bateau entre Belém et Santarem

 

 

45

Terrain de foot improvisé à marée basse

65

Une des 1800 églises Assemblée de Dieu

 

58

Concentration maximum…

59

Le restaurant, pas terrible vu la tête de Daniel…

54

La « suite » de Daniel et Pascale

53

Ravitaillement en vol…

62

Un sac de crevettes, cette fois-ci

61

64

Grosse fatigue…

63

Le soir, un peu de fraicheur à la poupe du bateau

 

 

68

Aujourd’hui, on a des œufs de caille à manger avec des biscuits…

73

74

Ravitaillement à l’escale

49

Retardataire lors d’une escale

 

75

Fred prête à débarquer à Santarem

76

Arrivée à Santarem

77

Alter do Chao et son lagon au milieu de la forêt

Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 Responses to L’enfer vert

  1. Avatar de jean yves jean yves dit :

    Belle ballade à travers le Brésil.
    Pas trop de moustiques ?
    Bises à vous deux

    J’aime

    • Avatar de orpao orpao dit :

      Pas de moustiques car nous étions à la saison sèche. Il ya beaucoup de moustiques au dire des autochtones au début de la saison des pluies, pendant un mois, c’est l’invasion.
      Bises à vous 2

      J’aime

Laisser un commentaire