De Jacaré, au Brésil, à Grenade

Du 15/11/2016 au 2/01/2017

Aujourd’hui nous sommes au mouillage de Prickly Bay au sud de Grenade, où nous récupérons de la St Sylvestre dignement fêtée au rythme de la musique Antillaise en compagnie de Christiane et Yves, un sympathique couple de navigateurs français. Depuis notre départ de Jacaré, au Brésil, il s’est passé beaucoup de choses, alors retour en arrière…

Après un bref séjour en Europe et les préparatifs habituels d’avant départ – remise en place des voiles, carénage, avitaillement et plein de gasoil – nous quittons Jacaré le 25 novembre sous les coups de trompes des autres navigateurs.

Nous sommes partis pour une étape de 2000 MN (3700 Kms) au large des côtes de l’Amérique du Sud, plus long que la transat Cap Vert-Brésil. Nous avons rendez-vous avec des amis dans les Grenadines aux alentours du 10 décembre.

C’est encore une fois avec un petit pincement au cœur en descendant le Rio Paraiba que nous laissons derrière nous la marina de Jacaré et sa sympathique équipe. Une fois sortis de la rivière, tout s’accélère, y compris les estomacs. Les alizés de Sud-Est soufflent fort et lèvent une mer agitée. Les cinq premiers jours, que du bonheur pour ORPAO qui file 8 nœuds en tanguant et roulant copieusement sur cette mer de travers parcourue par la branche nord du courant équatorial, nous gratifiant de vitesses honorables. C’est plus difficile pour l’équipage, ballotté d’un bord à l’autre, à l’abri des embruns derrière la capote. Le 29 au coucher du soleil, au large du delta de l’Amazone, nous repassons « la ligne » et rentrons dans l’hémisphère nord sous de gros grains qui rincent le bateau. Puis, progressivement ça se calme, trop même, plus de vent… Après 3 jours au moteur dans la pétole, nous décidons de rejoindre la côte pour faire un arrêt aux Iles du Salut en Guyane Française, la météo n’annonçant pas de vent avant plusieurs jours.

Cette escale non prévue nous a permis de découvrir dans les restes du fameux bagne les conditions effroyables dans lesquelles furent emprisonnés entres autres Dreyfus, Seznec et aussi un certain Henri Chariette, plus connu sous le nom de Papillon. Nous avons aussi pu observer le tir d’une fusée Véga depuis la rivière Kourou, où les autorités nous avaient consignés pour des raisons de sécurité.

Le 7 décembre, comme prévue par la météo, le vent rentre Est. Nous quittons la Guyane. C’est sous voilure réduite dans une mer forte et avec un vent de force 6 que nous parcourons en 3 jours ½ les 600 MN qui nous séparent de l’île de Tobago où nous voulons refaire le plein des réservoirs de gasoil. La petite République de Trinidad et Tobago est producteur de pétrole et les prix à la pompe sont dérisoires et certainement moins cher que dans les Antilles.

Nous arrivons de nuit au Nord de l’île de Tobago, mer forte, bonne brise, déferlantes autour des ilots dont les feux ne fonctionnent pas et courant de 3 à 4 nœuds. Nous sommes soulagés en pénétrant dans la baie sur des eaux plus calmes et en observant le feu à secteur qui va nous guider jusqu’au mouillage dans la Baie des Pirates.

Nous ne devions rester que le temps de faire le plein et avitailler mais les choses ne se passent pas toujours comme prévu. La station-service est en rupture de gasoil et il faudra patienter plusieurs jours… Quant à l’avitaillement, les seuls supermarchés sont à l’autre bout de l’île et un camion de fruits et légumes passe une seule fois par semaine pour un mini-marché… Même sommaire, il y a pire comme endroit pour attendre. Les gens sont sympas et accueillants, les pêcheurs nous saluent et nous font savoir qu’ils nous admirent de venir à la voile de si loin. C’est plutôt nous qui les admirons, eux qui vont pêcher au large dans une mer houleuse jusqu’à 60 MN sur des grandes barques propulsées par un unique moteur hors-bord.

C’est la fin de la saison des pluies et certains jours le soleil ne se montre pas. Nous devons maintenir les hublots et panneaux de pont fermés sous des pluies diluviennes. Il fait très chaud et humide à l’intérieur du bateau. Plus rien ne sèche. Les panneaux solaires ne fournissent plus d’électricité et nous faisons tourner le générateur tous les 2 jours pour maintenir les batteries chargées. Nous n’utilisons plus le dessalinisateur, gros consommateur de courant, et allons chercher l’eau avec des jerricans sur la plage où une rivière coule. Ca occupe…

Enfin la station est livrée en carburant mais c’est la pompe qui tombe en panne… Il nous faudra donc encore attendre quelques jours avant de pouvoir prendre 420 litres de gasoil que nous acheminons avec 4 jerricans de 20 litres à bord d’ORPAO. Après la corvée d’eau, corvée de gasoil. C’est plus sale et ça pue. La vie en bateau n’est pas toujours rose…

Ayant raté notre rendez-vous dans les Grenadines, nous ne sommes plus pressés et décidons de passer Noël à Charlotteville. Nous avons réservé une table dans un bar-restaurant où la patronne organise un repas pour le réveillon ouvert aux locaux et aux navigateurs. Ça se présente plutôt bien… Le soir de Noël nous nous présentons à la soirée et voyons très rapidement que nous sommes les seuls clients. En guise de « soirée animée avec buffet » et tout le tralala, on nous sert à table un plat au choix et un dessert accompagné d’un vin rouge de mauvaise qualité, déception… Nous pensons encore plus à nos familles qui se sont rassemblées en France et en Belgique…

Plus rien ne nous retient à Tobago et nous décidons de partir le 28/12 en fin d’après-midi.

Nouvelle déconvenue, voulant faire les formalités de sortie à l’immigration, nous apprenons que la personne est absente et que si nous voulons partir il faut aller à Scarborough, à l’autre bout de l’île… C’est l’Afrique…

Après 3 heures aller/retour en taxi collectif, nous sommes de retour passeports tamponnés et clearence effectuée, il est 20h. Le temps de diner et de préparer le bateau, nous partons vers minuit.

Une fois sortis de la baie nous retrouvons la mer agitée et le vent fort qui vont nous accompagner jusque Prickly Bay au Sud de Grenade, où nous arrivons 12h plus tard. Là, changement de décor, nous pénétrons dans un immense mouillage rempli de centaines de bateaux. Retour à la civilisation ou du moins sur des chemins plus touristiques. Après le Cap Vert, le Brésil, la Guyane et Tobago, c’est le choc…

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Jacaré – Grenade

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Carénage à marée basse sur la cale de Jacaré

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Avitaillement

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Plein de gasoil par Santiago et Galegio

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Voiles en ciseaux, génois tangoné

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Passage de la ligne

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Et offrande à Neptune

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Après le grain

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Passager clandestin venu se reposer sur le pont

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Petit thon qui tombe à point pour améliorer le menu

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Coucher de soleil aux Iles du Salut

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Tir de la fusée Véga à Kourou

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Mouillage sous le vent de l’Ile Royale et de l’ile Saint Joseph

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L’ile du diable cernée par les courants et les requins. Evasions impossibles

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Rencontre en haute mer

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Voilure réduite, grand voile à 2 ris

 

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Fabrication de leurres pour la pêche à la traine

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Mouillage de Pirates Bay à Charlotteville

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Baie de Charlotteville

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Et sa plage

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Charlotteville sur Tobago

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Le super Market…

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Un petit resto

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Vue depuis le terrain de foot et conseil aux jeunes sportifs

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L’église et son cimetière

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Plage de Pirates Bay vue du bateau

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Avec ses nombreux pélicans

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Corvée d’eau

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Coucher de soleil sur la baie et les bateaux de pêche

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Meilleurs vœux de Grenade

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5 Responses to De Jacaré, au Brésil, à Grenade

  1. Avatar de Claude Lebeau Claude Lebeau dit :

    Bonne Année à tous les deux et encore de belles navigations que nous apprécions suivre sur votre site.
    Gros bisous. Edith et Claude de Sélestat

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  2. Avatar de Steff Steff dit :

    Meilleurs vœux à vous deux les zamis!!!
    Je vous souhaite une année encore pleine de belles découvertes.
    En espérant vous voir en 2017.
    Gros bisous
    Steff

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  3. Avatar de Christian Briol Christian Briol dit :

    Excellente nouvelle année Santé Bonheur avec plein de Milles et de découvertes
    Bises LISETTE ET CHRISTIAN

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  4. Avatar de JACKIE DELOZANNE JACKIE DELOZANNE dit :

    La fin de l’année ne fut donc pas un long fleuve tranquille. C’est aussi le piment de l’aventure. Je vous souhaite encore plus de belles aventures et peu de déconvenues (car il y en aura forcément) pour cette année 2017 que vous avez bien commencée.
    je vous embrasse. Jackie

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  5. Avatar de Florence et Dominique Salmon Florence et Dominique Salmon dit :

    Hello! Dévoré votre blog ! Admiratifs de la vitesse à la quelle vous vous déplacez (environ une fois 1/2 à 2 x la vitesse du Romarin . Nous avons finalement shunté Trinidad (mauvais commentaires) et Tobago (trop compliqué). A Grenade pour le même prix nous avons préféré Port Louis magnifique marina . Grenadines superbes . Martinique sous la pluie. Los Roques incroyable! Santa Marta Colombie restés 3 semaines et sommes partis avec regret . Mer des Caraïbes démontée. Le moteur électrique : parfait jusqu’au bout .ROMARIN se repose à sec à Panamarina et nous sommes rentrés à Aix. Amitiés . Au plaisir de vous lire Florence et Dominique. salmonromarin2.tumblr.com

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