St Barth et St Martin les françaises chicos

9/04 au 1/05/2017

Après 7 heures de près (pour ceux qui n’y connaissent rien en voile, c’est quand le vent vient de où on veut aller…plutôt inconfortable et fatigant), nous arrivons à St Barthelemy. Ici, tout le monde dit « St Barth » comme « St Trop » en France, ça fait plus classe… D’ailleurs, les très chics « Voiles de St Barth » commencent le lendemain. Ces régates ont drainé des centaines de plaisanciers qui, comme nous, se retrouvent au mouillage devant le port de Gustavia.

De modestes unités côtoient les méga-yachts et les plus beaux voiliers du monde. C’est dans une ambiance animée et bruyante que nous découvrons Gustavia, capitale et unique « grosse » ville. Quel contraste avec l’austère Saba que nous venons de quitter… Le lendemain nous assistons depuis notre Zodiac au départ d’une manche. Les voiliers virent à quelques dizaines de mètres de nous… le spectacle est de toute beauté !

En ville, nous avons l’agréable surprise de rencontrer Juan et Elena, un couple d’Espagnols que nous avons fréquenté à Santa-Cruz de Tenerife l’hiver dernier (Juan ayant fait quelques travaux de menuiserie à bord et Elena étant négociante en excellents vins !). Ils sont aussi au mouillage et Juan cherche du travail. Le soir, nous dînons ensemble sur notre bateau. Le lendemain nous rencontrons aussi Gunther, qui a participé à la préparation électrique et électronique d’ORPAO à Villefranche en 2012. Il est aussi en bateau avec sa compagne et cherche à créer son entreprise. Décidément, le monde de la voile est petit…

St Barth est très jolie mais aussi très chère. Nous louons quand même un scooter, au prix d’une voiture, pour en faire le tour. Ici, très peu de noirs, il n’y a pas eu d’esclaves et les colons normands ne se sont pas mélangés.

Entre St Barth et St Martin, nous jetons l’ancre sur l’îlot de Tintamarre, réserve naturelle où nous faisons un joli snorkeling avec les tortues, les raies et une multitude de poissons multicolores. Nous constatons malheureusement, comme partout dans les Antilles, que le corail tend à disparaître… Les alizés sont aux abonnés absents et nous passons deux nuits dans cet abri précaire.

C’est au moteur et sous une pluie diluvienne que nous arrivons à St Martin, entrant au pas dans la grande baie de Marigot, par visibilité nulle, pour trouver une place parmi les nombreux bateaux au mouillage. Nous sommes samedi, le week-end de Pâques et les magasins sont fermés jusqu’à mardi. Les douanes aussi… nous faisons donc notre entrée à la capitainerie de la marina. Et oui, même entre St Barth et St Martin, deux îles françaises, il faut faire les formalités… ça commence à faire beaucoup et ressemble à de l’arnaque… ! 15 euros plus tard, alors qu’officiellement c’est gratuit, nous sommes en règle…

Depuis Tobago au Sud de l’arc antillais, il faut, dès que l’on change d’île, faire la « clearance », c’est-à-dire se présenter à l’immigration (police), à la douane et parfois au bureau du port, même si l’on est sur ancre, à l’entrée et à la sortie. Nous leur laissons à chaque fois l’équivalent de 20 à 50 euros…soit déjà environ 400 euros et ce n’est pas fini… Vive l’Europe et la libre circulation des personnes et des biens ! Pensez-y dimanche quand vous irez voter.

L’île de St Martin est divisée en deux, côté français au Nord (où nous sommes) et côté hollandais au Sud, mais des deux côtés les locaux parlent surtout anglais et préfèrent le dollar US. Nous retrouvons nos amis Rob et Josien du voilier Inish avec qui nous louons une voiture pour visiter l’île. Du côté hollandais, fiscalité réduite et free taxe aidant, l’activité économique est nettement plus développée, surtout l’hôtellerie, les boutiques de luxe et les casinos. La capitale Phillipsburg accueille dans ses magasins free taxe des milliers de touristes qui débarquent pour la journée des paquebots. Coté français, la capitale Marigot est plus authentique et vit à l’antillaise dans une ambiance nonchalante. Des « lolos » proposent au coin de la rue des plats à emporter succulents.

Autre centre d’intérêt côté français pour les bateaux de passage, c’est le supermarché « Super U ». En Europe, il est facile de faire les courses et d’acheter de bons produits. Pour nous, après la nourriture basique, surgelée, importée et plutôt chère rencontrée dans la plupart des îles, nous apprécions de retrouver des produits frais (surtout la viande rouge) et français (fromage, vin, baguette). Comme de nombreux voiliers au mouillage qui ravitaillent à Marigot en préparation pour la transat vers l’Europe, nous en profitons pour refaire le plein des coffres en prévision de nos futures escales dans les British et US Virgin Islands, Puerto Rico, les Bermudes et New York.

Notre escale à St Martin est aussi une escale technique… malheureusement plus longue que prévue. Devant faire des travaux en tête de mât (à 19m de haut), nous mouillons dans le lagon à l’abri de la houle. Il faut remplacer la girouette-anémomètre défectueuse et repasser le câble électrique dans le mât. Facile de prime abord, sauf que ce câble refuse obstinément de monter. Soit, on va le descendre ! Fred le tire vers le bas et moi je le guide d’en haut et le laisse filer avec un messager qui sera utilisé pour descendre le nouveau câble. Tout va bien, jusqu’à ce qu’à 50 cm de la sortie basse, le câble se décroche et que le messager, impossible à rattraper, se perd dans le mât. Grand moment de solitude… Nous retournons au mouillage dans la baie de Marigot tout penauds, cherchant une solution. Je ne veux pas me passer des indications de vent lors de nos futures longues étapes, d’autant qu’à la barre, à l’abri de la capote, je ne vois pas mes voiles.

Je recontacte Gunther qui a fait l’installation d’origine et se trouve justement à St Barth. Il propose d’utiliser un autre câble (radio VHF ou feux de tête de mât) pour tirer le nouveau. Rendez-vous à St Barth (que nous rejoignons au près pour ne pas changer !) où Gunther nous attend à un mouillage calme. Et c’est là, en voulant utiliser le câble VHF comme messager pour l’anémomètre, que Gunther remarque que celui-ci est sur le point d’être sectionné. Un mal pour un bien, nous voilà partis pour remplacer aussi le câble et l’antenne VHF… Suit le deuxième grand moment de solitude, quand Gunther tire le câble VHF trop vite vers le haut dans le mât alors qu’il n’était pas fixé en pied de mât… encore un câble perdu dans le mât…

Après 6 heures de travail et moult péripéties, tout semble rentré dans l’ordre. Sauf que…

Le lendemain matin, sur le départ pour St Martin, je découvre sur le testeur une grosse fuite électrique sur le circuit négatif, ce qui peut occasionner rapidement de gros dégâts par électrolyse sur la coque aluminium d’ORPAO. Branle-bas de combat, on ne part plus. Je commence mes investigations par la radio VHF et bingo ! En la déconnectant, il n’y a plus de fuite. Celle-ci provient donc soit du câble, soit de l’antenne, et pour savoir… il faut remonter, débrancher l’antenne en tête de mât et refaire le test. C’est Fred qui monte cette fois et démonte la nouvelle antenne qui se révèle inappropriée pour un bateau en alu. Nous la rapportons donc chez le shipchandler de Gustavia et remontons l’ancienne avec des raccords étanchés. Cette fois c’est bon, plus de fuite. Ouf !

Cette affaire « simple de prime abord » nous a occupés 6 jours… à trouver des câbles, une antenne, monter dans le mat à 9 reprises, refaire un aller-retour sur St Barth, démonter les aménagements intérieurs, tirer des câbles dans un sens puis dans l’autre, faire des soudures… Qui dit que la vie en bateau est un long fleuve tranquille… ??!!

Enfin de retour au mouillage de Marigot, nous réalisons que nous sommes samedi après-midi, week-end du 1er mai jour férié, et que nous devrons attendre la réouverture des magasins et de la douane mardi avant de pouvoir mettre les voiles vers les Iles Vierges Britanniques.

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Port de Gustavia à St Barth…

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…et son mouillage. Une semaine à bord à celui ou celle qui repère ORPAO…

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Voiles de St Barth

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Bâbord amure (non prioritaire) mais ça devrait passer !…

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Virement de bord. Superbe !…

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Retour des équipages le soir

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Allez, on va faire le tour de l’Île ?

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Gustavia et le mouillage. Idem, si vous trouvez ORPAO.

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Anse de Colombier où nous irons mouiller au calme. Au fond à gauche St Martin.

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Les salines au Sud de St Barth

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Côte au vent

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Aéroport pour amateurs de sensations fortes

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Tortue près du bateau

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Mouillage de Tintamare au Nord de St Martin

 

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Mouillage Baie de Marigot et derrière, le Lagon

 

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Petite pause au Fort St Louis au dessus de Marigot…

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…en compagnie des iguanes

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Ambiance, sur un mur de Marigot

 

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Orient Bay et L’Ilet Pinel au NE de St Martin

 

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Bienvenue côté hollandais

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La capitale Phillipsburg

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Atterrissage au dessus des baigneurs à St Maarten…

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Journée bricolage…

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…et prise de tête avec Gunther

 

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Ca y est, je tiens le bon câble !

 

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Fred qui démonte l’antenne VHF

 

 

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4 Responses to St Barth et St Martin les françaises chicos

  1. Avatar de Drisch MarieAnne Drisch MarieAnne dit :

    Merci pour ces nouvelles; j’ai vraiment l’impression d’être auprès de vous tant c’est vivant!!!
    Et la régate si proche, c’est comme si vous étiez aussi dans la course…
    Bon vent et belles découvertes et rencontres. Je vous embrasse.

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  2. Avatar de Guyomard Guyomard dit :

    Salut à vous deux.Nous sommes en Patagonie.La chaleur et le soleil nous manque mais la région est superbe.Bon vent. Kenavo

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  3. Avatar de Dehandschutter Dehandschutter dit :

    Que de péripéties, on vous suit pas à pas si on peut dire, bon vent à vous deux!

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  4. Avatar de Florence et Dominique Salmon Florence et Dominique Salmon dit :

    Merci pour les news . Ici c’est toujours l’hiver !! froid et neige pas loin .
    Bises . Amitiés . Bonjour à l’équipage d’Inish.
    ROMARIN

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