De St-Martin à la Martinique

Du 12/04/2019 au 10/06/2019

Enfin, ça y est, on est arrivés dans l’arc Antillais ! Paradis de la voile, du soleil et du vent toute l’année… Et donc des voiliers partout, beaucoup de bateaux de location construits par l’industrie nautique pour les navigateurs pressés qui veulent leur dose de soleil en plein hiver. Une machine bien rodée depuis quelques décennies.  Mais qu’est ce qu’on vient faire là vous allez me dire ?
Et bien c’est simple, ORPAO a besoin d’entretien et d’une bonne remise à niveau avant de continuer notre route vers le Pacifique, et le Marin à la Martinique (250 MN plus au Sud) est une bonne escale technique où nous sommes certain de trouver le matériel adéquat et les compétences nécessaires. En attendant, nous en profitons pour revoir les endroits qui nous avaient bien plu en 2017 lors de notre remontée du Brésil.

Après une douzaine de jours entre St Martin et St Barth, attente forcée pour cause d’examens médicaux ne pouvant pas attendre notre retour en Europe fin août, nous mettons le cap au Sud et faisons escale pour la nuit à St Kitt puis à Montserrat, sans descendre à terre afin d’éviter les formalités de douane.

Au Nord-Ouest de la Guadeloupe, nous retrouvons avec plaisir le village de Deshaies, niché au fond d’une crique. Nous étions un peu restés sur notre faim il y a 2 ans car les mauvaises conditions météo ne nous avaient pas permis de visiter l’île. Cette fois-ci, nous louons une voiture pour deux jours, bien décidés à découvrir ce grand papillon que forment Basse-Terre et Grande-Terre, et à découvrir le volcan de la Soufrière. Mais dès le lendemain, arrivé à 900 mètres d’altitude, c’est le déluge qui nous accueille au départ des chemins de randonnée. Déçus, nous redescendons au niveau de la mer et là, malheureusement, c’est encore une fois sous la pluie que nous parcourons l’île.

Contrairement aux îles du Nord comme St Martin ou Antigua, qui sont basses et arides, plus au Sud le relief est plus important. En Guadeloupe, la Soufrière culmine à près de 1400 mètres et accroche les nuages charriés par les alizés, concentré d’eau qui se condense sur les pentes et éclate en pluies diluviennes. Même principe à la Dominique, en Martinique, à Sainte Lucie et à St Vincent, îles plutôt bien arrosées et par conséquent avec une végétation luxuriante.

Après Deshaies, toujours sous la pluie, nous jetons l’ancre à la Pointe Malendure, dans la fameuse « Réserve Cousteau« . Nous y avions admiré il y a 2 ans de magnifiques coraux, gorgones et poissons tropicaux de grande taille. Surpris de constater qu’il y a moins de poissons qu’avant, nous sommes encore plus surpris de voir des pêcheurs y jeter leurs filets tous les jours ! Nous apprenons ensuite que la pêche dans la réserve est passée de « interdite » à « réglementée »…sauf que personne ne contrôle quoique ce soit… Ce pauvre Commandant Cousteau doit se retourner dans sa tombe !

Nous rejoignons ensuite Les Saintes, petit archipel tranquille au Sud de la Guadeloupe. Ici, peu ou pas de relief, et les nuages ne font que passer. Nous prenons un corps mort pour la nuit sous le vent de l’Ilet Cabrit et trouvons l’endroit tellement sympa – face au village pittoresque de Grand Bourg, et avec des fonds sous-marins qui n’ont rien à envier à la Réserve Cousteau – que nous y restons 4 jours.

Nous continuons ensuite vers la Dominique, où nous faisons un arrêt pour la nuit devant le village de Roseau, avant d’arriver en Martinique à St Pierre, village au pied de la Montagne Pelée qui fut entièrement détruit lors de la dernière éruption en mai 1920. Nous sommes en mai justement, et durant tout le mois des festivités se suivent en commémoration de la catastrophe de 1920 et peut être aussi, une certaine manière d’exorciser par la fête ce passé douloureux. Soirées musicales, théâtre, danses traditionnelles, régates de yoles et aussi le sympathique marché au cœur de la cité, nous retiennent finalement 4 jours.

La navigation dans l’arc Antillais est assez particulière et demande une attention soutenue. Dans les passages entre les îles, ici appelés « canaux », les alizés s’engouffrent, augmentent en intensité et lèvent une mer forte. Puis sous le vent des Îles, de grandes zones de calme alternent avec des vents catabatiques (qui descendent des reliefs) puissants et imprévisibles. En quelques minutes, le vent peut passer de 25 à 3 nœuds, puis de nouveau à 25 nœuds en tournant de 180 degrés, puis pareil quelques minutes plus tard dans l’autre sens ! Il faut sans cesse être sur ses gardes et les manœuvres pour ajuster la voilure sont permanentes. Un peu fatiguant à 2…

C’est dans ces conditions que nous atteignons la capitale Fort-de-France, où nous jetons l’ancre sous le vent de Fort Louis dans le centre-ville. Après une rapide balade à terre pour ravitailler et nous rappeler ce qu’est une ville de 80.000 habitants, nous traversons la baie pour visiter les « 3 Ilets », village niché dans la mangrove au fond de la rade. Plus au Sud, à l’Anse d’Arlet, côté « Petite Anse », nous découvrons avec surprise à quelques dizaines de mètres de la plage, une foule de poissons tropicaux qui évoluent autour des rochers et de magnifiques éponges. Ici aussi, coup de cœur, et nous restons 4 jours.

Maintenant nous sommes au Marin et nous nous occupons exclusivement d’ORPAO depuis une quinzaine de jours. Le dessalinisateur est réparé, le gréement est vérifié, les devis (pilote, frigo, sellerie…) commencent à rentrer et les travaux vont être répartis entre maintenant, août et janvier.

Il nous reste un peu plus de 2 mois avant de mettre ORPAO à terre et c’est l’occasion de retourner dans les Grenadines que nous avions beaucoup aimées lors de notre premier passage il y a 2 ans. L’occasion aussi de tester nos nouveaux équipements avant d’accueillir les amis qui nous rejoindront mi-juillet et début août.

Suite au prochain épisode !

Carte St Martin Martinique

St Barth, St Martin, St Kitt, Montserrat, Deshaies, Malendure, Les Saintes, Roseau, St Pierre, Fort-de-France, Le Marin.

1

Le Grand Bleu au mouillage devant St Barth. Le voilier sur le pont fait 20 mètres….

23

Et dernière folie d’un milliardaire russe, le A, le plus grand voilier du monde (et le plus moche…)

6

Apéritif sur le cata en alu de Gérard et Christine avant leur transat retour.

7

L’Ile de Saba au Sud de St Martin.

8

Ce qu’il reste de Plymouth, la capitale de Montserrat, ensevelie sous les cendres.

10

Village de Deshaies vu depuis le mouillage.

13

La Soufrière dans les nuages.

11

Végétation plutôt envahissante à la Guadeloupe.

12

Je vous laisse le soin de traduire le créole….

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Grand Bourg aux Saintes, vue depuis Fort Joséphine sur Ilet Cabrit…

16

…où se trouve mouillé ORPAO.

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Grand Bourg, sa jolie Mairie…

19

…sa plage.

20

Village au Sud de la Dominique.

4

Un kilo de thon frais au marché de St Pierre, 10€…

3

Soirée musicale…

5

…et dansante à St Pierre.

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Régates de Yoles, toujours à St Pierre.

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Mise en place du mât.

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Attente du départ.

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Départ.

26

C’est parti pour une manche.

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Course vers le large…

21

…où quelques yoles couleront.

29

Un petit remontant après l’effort?

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La rade de Fort-de-France.

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La très jolie Anse d’Arlet…

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…et ses pêcheurs.

34

Mouillage de Ste Anne. Live The Life You Love.

 

 

 

 

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