De Tahiti aux Tuamotu et aux Marquises

Du 12/12/22 au 13/03/23

Décidément rien n’est fluide depuis 2 ans et ça continue… Dès notre retour à Taravao le 12 décembre, le responsable du chantier nous pose un ultimatum : mettre à l’eau dans 2 jours sinon nous serons bloqués jusqu’au 9 janvier, le chantier étant fermé pour les fêtes de fin d’année. Chose dont je n’avais pas été informé. Je tablais sur une dizaine de jours avant de mettre à l’eau mais maintenant je dois effectuer en priorité les travaux sur les œuvres vives, enduit, antifouling, anodes, graissage de l’hélice en deux jours avec un décalage horaire de 12 heures dans les pattes… Heureusement le reste peut être fait au mouillage. Mais les travaux de sellerie et sur les voiles qui devaient être terminés à notre arrivée sont à peine commencés… Le colis contenant un chauffage et du matériel électronique en provenance d’Allemagne est bien arrivé mais écrasé et détrempé, et doit être renvoyé. Notre séjour démarre mal…

Une heure plus tard, le bateau était à l’eau…
Chauffage Webasto pour l’Alaska..!

Et ça continue… 10 jours plus tard, le 22 décembre, nous sommes prêts à partir mais il n’y a personne à la douane pour faire nos formalités de sortie.. C’est les vacances scolaires et tout le monde est en congé, il faut attendre… Rendez-vous est pris pour le 10 janvier mais nous sommes ensuite bloqués par la météo : un flux de vent fort de NW sévit entre Tahiti et les Tuamotu ! 

Nombreux virements de bords jusqu’à Raroia puis direct vers les Marquises.

Nous partons enfin le 17 janvier vers Fakarava. La météo annonce du vent d’Est 5/10 noeuds, très bien pour remonter confortablement au près. En fait les vents seront beaucoup plus forts que prévu et nous tirons des bords dans 20/25 noeuds et de nombreux grains orageux avec des rafales à 40 noeuds. Nous atteignons finalement Fakarava, à 240 MN à vol d’oiseau de Tahiti, après avoir parcouru 365 MN en 4 jours, avec un arrêt Anse Amyot au nord de Toau pour se reposer. La suite sera plus relax mais toujours au près. 

Des fous s’installent pour la nuit et m’obligeront à nettoyer les panneaux solaires recouverts de fientes le lendemain.

L’atoll de Fakarava, 845 habitants, 2ème atoll de Polynésie par sa superficie et ancienne capitale des Tuamotu, est classé Réserve de la Biosphère par l’UNESCO. Il est mondialement connu pour la plongée, notamment pour sa diversité de poissons et sa concentration en requins dans la passe sud (voir à ce sujet le documentaire surprenant du biologiste Laurent Ballesta « 700 requins dans la nuit » téléchargeable en ligne).

Bande annonce: https://www.youtube.com/watch?v=xNY_JAq5w9M

Nous visitons les deux villages principaux, Rotoava et Tetamanu, situés près des 2 passes d’accès nord et sud, passons plusieurs jours ventés à l’abri des cocotiers (points culminants de l’île…) de Hirifa, magnifique pointe de sable blanc et rose, et plongeons bien sûr dans la passe sud et ses environs nommés « l’aquarium » en snorkelling et apnée. Nous comprenons que certains voiliers passent plusieurs semaines ici… 

ORPAO au mouillage devant Rotoava, Fakarava.
Vue sur le lagon depuis Rotoava.
Arrivée de l’Aranui, bateau mixte cargo/croisière…
…et du cargo Cobia 3 qui ravitaille l’Ouest des Tuamotu.
Attente de l’ouverture du magasin le jour du cargo qui passe toutes les 3 semaines.
Eglise de Rotoava…
…et chapelle à l’extérieur..
Hirifa au sud de l’atoll de Fakarava.
Coucher de soleil sur le sud de Fakarava.

Nous faisons ensuite un stop à Tahanea pour la nuit, mouillage de rêve s’il n’y avait pas toutes ces patates de corail qui sont autant de pièges pour le bateau, avant de continuer sur Makemo.

Patate de corail affleurante mais bien visible.

L’atoll de Makemo, pourtant 3ème atoll de Polynésie par son étendue (70 km de long), est bien plus paisible que Fakarava. Il faut dire que l’orientation de l’atoll par rapport aux vents dominants réduit fortement le nombre de bons mouillages par coup de vent…  Beaucoup de fermes perlières sont à l’abandon depuis le Covid (main d’œuvre majoritairement chinoise, bloquée en Chine nous dit-on) mais de nombreuses bouées traînent encore sur l’eau (ou les plages…). Particularité pour la navigation ici, des coraux très étroits qui poussent de plusieurs mètres en hauteur en « cathédrale » et que l’on voit uniquement quand on arrive dessus…  Ici aussi des km de plages de sable corallien doré ou rose (chaussures obligatoires) et l’impression d’être seuls au monde. Nous serions bien restés plus longtemps dans les coins isolés mais nous devons retourner au village pour avoir internet et la météo… nous y attendrons le cargo ravitailleur, en espérant trouver quelques fruits et légumes pour continuer la route.

Makemo et son petit phare.
Mareva Nui qui ravitaille Makemo.
Sur le quai, « l’Aventure », vente directe de produits de base par l’équipage.
Mouillage dans les patates à Makemo avec flotteurs sur la chaine.
Passe de Makemo.
Les cargos ravitailleurs sont le cordon ombilical entre Papeete et les atolls.

Arrêt ensuite à Raroia, petit atoll avec 120 habitants particulièrement gentils, vivant surtout de la pêche (en auto-subsistance et pour l’envoi par le petit avion du mercredi à Tahiti) et de la noix de coco (également envoyée à Tahiti), en attendant ici aussi la reprise des fermes perlières. Jugeant que nous sommes suffisamment remontés vers l’Est, c’est d’ici que nous partons vers les Marquises. Toujours au près, mais cette fois-ci sur un seul bord de 500 MN.  

Chapelle à Raroia.
Mouillage isolé à Raroia.
Près de notre mouillage, stèle souvenir de l’arrivée du Kon-Tiki à Raroia le 7 aout 1947.
Exploration de l’anneau coralien.
Pêche à pied sur le platier près du tombant…
…pour ramasser de délicieux Maoas, genre de gros bulots.
Bénitiers multicolores pris dans le corail.
Température de l’eau dans l’Atoll.
Perroquets achetés à un jeune pécheur du village.
Thon rouge pris au large.
14 Kg, ça tire sur les bras…

Après une belle traversée, nous décidons de nous arrêter pour la dernière nuit au mouillage sous le vent Ua Pou, dont nous avions particulièrement aimé la géologie.

Majestueuses Marquises. Ici, Ua Pou.

Nous arrivons à Nuku Hiva le 3 mars et y jetons l’ancre dans la grande baie de Taiohae comme en août 2020, après la transpacifique. La boucle Polynésienne est bouclée. 

Magnifique baie de Taiohae à Nuku Hiva.
Le Tiki géant qui domine Taiohae.

Mais pourquoi donc se donner tant de mal à remonter le vent jusqu’aux Marquises, 1200 MN parcourus pour 750 MN à vol d’oiseaux depuis Tahiti ?
Pour deux raisons : la première, avoir une allure plus confortable pour la traversée de 2000 MN vers Hawaï, quand après l’équateur, une fois dans l’hémisphère Nord, nous toucherons les alizés de Nord-Est. Les vents et courants nous porteront alors vers l’Ouest, d’où l’intérêt de partir d’un point le plus possible à l’Est si l’on ne veut pas se retrouver au près serré… et en Polynésie c’est les Marquises. 

La deuxième raison, pour visiter les Tuamotu que nous avions ratés à plusieurs reprises… même si c’est contre les vents et courants.

Nous sommes maintenant le 10 mars, les réservoirs de gas-oil sont pleins, la bouteille de gaz remplie, l’avitaillement refait. Après un mois et demi isolés dans les Tuamotu, il ne nous restait plus grand chose en réserve…

Achat de fruits et légumes à Nuku Hiva pour la longue traversée Marquises/Hawaii.

Rendez-vous dès notre arrivée à Hawaii pour la suite.

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