Du 23/06 au 23/08/2024
Fin juin, gros avitaillement fait, nous quittons Port Mc Neil pour rejoindre la côte Ouest de l’île de Vancouver. Cette partie de l’île est beaucoup plus sauvage et très exposée à la houle du Pacifique Nord et du coup moins fréquentée. Nous devrons être un maximum autonomes et aussi plus vigilants par rapport à la météo. Après une longue et pénible remontée au moteur de 42 MN, nous atteignons Bull Harbor sur Hope Island, à l’extrême Nord de Vancouver Island. Là commence vraiment cette nouvelle étape.

A Bull Harbor, nous retrouvons Brett et Kay, un couple d’américains que nous avions rencontrés quelques semaines auparavant dans les Gulf Islands. Ils vont aussi vers le Mexique et nous décidons de faire route ensemble vers le Sud.



Le mouillage est joli et très protégé mais malheureusement nous n’avons pas obtenu l’autorisation d’aller à terre par le chef du village natif.
Pas grave, la météo est bonne pour franchir la Nahwitti Bar (hauts-fonds sur lesquels déferle la grosse houle du large) et ensuite le Cap Scott, au NE de Vancouver Island. Reste à prendre en compte la marée pour passer la barre à l’étale et le cap avec le jusant.

San Josef Bay est notre première escale pour la nuit. Une grande plage de sable bordée de petites falaises nous entoure, magnifique.
Le lendemain nous pénétrons dans Quatsino Sound et accostons au ponton municipal de Winter Harbor, où nous rejoignent Arnaud et Karine du voilier Anna Moana, rencontrés l’année dernière en Alaska et qui font aussi route vers le Sud.




Du Nord au Sud de cette grande île, nous visitons successivement les quatre « Sound » Quatsino, Kyuquot, Clayoquot et Barkley, alternant navigation en mer et en eaux protégées.

Nous découvrons une grande variété de paysages : des côtes rocheuses, de grandes plages de sable, des parcs nationaux et des réserves concédées aux communautés natives (souvent interdites d’accès).






C’est un paradis pour les randonneurs qui peuvent emprunter de nombreux itinéraires côtiers. Nous en croisons aussi beaucoup qui se déplacent en kayaks avec leur matériel de camping, en autonomie.





Après le Cap Scott, nous devons négocier le Cap Cook, à l’extrémité de la Péninsule de Brooks, puis Estevan Point, à la péninsule d’Hesquiat. Hormis ces trois Caps, pas de difficulté majeure pour la navigation, d’autant que le vent est souvent aux abonnés absents (ou vraiment trop fort pour aller au large).

Parfois le brouillard, généré par la différence de température entre la mer qui est froide et la terre qui se réchauffe en été, rentre dans les Sound… mais ça ne dure jamais très longtemps.







Nous naviguons hélas encore beaucoup au moteur, même en mer entre les Sound et un jour, après avoir heurté une bille de bois, nous entendons parfois des petits claquements dans la transmission. Nous ne décelons rien d’anormal lors de la visite en apnée… un peu de jeu au niveau de l’arbre et sur l’hélice mais rien d’inquiétant.


Jusqu’au jour où, en quittant le mouillage d’Ahousat, nous ressentons de grosses vibrations dans la transmission et le moteur. Nouvelle visite sous le bateau et là, surprise, il manque une pale de l’hélice !Impossible de continuer sans endommager la transmission et le moteur.
Évidement, ça arrive au milieu de nul part, dans un endroit où il n’y a rien…
Finalement, nous rejoignons à la voile le village de Ucluelet, à 45 MN plus au Sud, où un petit chantier de pêcheurs a accepté de sortir ORPAO à l’ancienne, sur des rails. Là, nous remontons l’hélice d’origine (que nous avions gardée à bord en secours) et faisons rectifier l’alignement de la transmission.








Nous sommes maintenant au Sud de l’île, à Bamfield, et prêts à partir vers San Francisco. Mais un autre problème reste en suspend… Depuis que le gréement dormant a été remplacé, nos deux enrouleurs de voiles tournent mal et se coincent quand le vent est fort.
Est-ce prudent de partir comme ça pour une longue navigation au large ?
Après réflexion, nous décidons de retourner au chantier qui a fait les travaux au printemps. Après tout, ils ont peut-être mal remonté quelque chose… Rendez-vous est pris.
Nous devons maintenant emprunter, chose que je voulais éviter, le Juan de Fuca Strait entre l’île de Vancouver et les États Unis, passage très fréquenté par les cargos qui desservent les grands ports de Vancouver et Seattle, avec de fort courants de marée, avant d’arriver à Canoe Cove à 180MN de là.

Au chantier, les investigations commencent dès notre arrivée, tout est vérifié de haut en bas. Une mini caméra est même utilisée pour voir les endroits inaccessibles. Quelques réglages et petits travaux sont effectués pendant plus d’une journée, sans succès…

La seule solution valable est de remplacer les enrouleurs qui ont maintenant 20 ans et pour lesquels, de toute façon, on ne trouve plus de pièces détachées.
Soit..! On va de nouveau casser la tirelire. Les enrouleurs sont commandés, ils seront là dans une dizaine de jours.
Période que nous passerons principalement à proximité, au mouillage de Sydney Spit que nous aimons beaucoup.




Enrouleurs remplacés et testés, nous sommes maintenant prêts pour descendre vers San Francisco. Première étape, faire notre entrée aux États-Unis à Port Angeles, juste de l’autre côté du Juan de Fuca Strait.
Nous sommes le 23 août, ici surnommé « Fogust », contraction de fog, brouillard et august, août. Et c’est donc dans un brouillard à couper au couteau que nous quittons la Colombie Britannique.

La suite au prochain numéro…
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