Du 3/10/2024 au 09/10/2024
Nous sommes le 3 octobre, le camping-car est chargé, il est 15h00, il est temps de partir. Nous quittons le chantier tranquillement, traversant les vignobles de la Napa Valley, le temps de prendre en main notre nouveau véhicule. 7,6 mètres de long, 2,5m de large, 3,7m de haut, 5,2 tonnes, moteur Ford V8 7,3 litres 325 CV, boite automatique, la prudence est de rigueur notamment en ce qui concerne le gabarit et le poids. Premier arrêt chez Walmart pour un gros avitaillement comme en bateau afin d’être autonomes. Ensuite, après s’être extirpés de la circulation très dense autour de la Baie de San Francisco, nous nous arrêtons pour la nuit à Ripon au Sud-Est de la baie, sur le parking d’une grande station service ouverte 24/24. Défilé incessant de camions, ce sera notre plus mauvaise nuit.

4 octobre.
Après cette nuit pas du tout réparatrice, nous prenons la route de Yosemite, le parc le plus proche, 290 km à l’Est de San Francisco, au cœur de la Sierra Nevada, allant de 600 à 3960 mètres d’altitude. A l’entrée nous achetons un pass annuel qui sera aussi valable pour la plupart des parcs nationaux que nous allons visiter.

Yosemite est une ancienne vallée glaciaire entourée d’immenses parois de granit et de deux grands monolithes uniques au monde : El Capitan et le Half Dome, très prisés des alpinistes, avec au milieu la Merced River. Difficile d’imaginer qu’à la dernière époque glaciaire, les glaciers arrivaient au dessus de ces dômes et les ont arrondis…



Le soir, après avoir visité la vallée, les campings étant tous complets, nous devons quitter le parc car il est interdit de dormir sur un parking. Néanmoins, nous décidons de rester pour la nuit. Nous nous planquons à Glacier Point à 2200 mètres d’altitude, au bout d’une route en impasse à 50 km, loin des rangers. Le site domine la vallée et nous offre, après une courte marche au coucher du soleil, une vue magnifique sur les différents sommets et la vallée.


5 octobre.
6h30, Nikon et trépied sur l’épaule je quitte le camping-car pour observer le lever du soleil depuis le point de vue.

Un bon petit déjeuner plus tard, nous descendons revisiter la vallée puis nous empruntons la fameuse Tioga Road, superbe route entourée de forêts de pins et séquoias géants, qui traverse le parc d’Ouest en Est et culmine à 3000 mètres avant de plonger vers Lee Vining.



Cette route, comme la plupart des routes que nous allons emprunter lors de notre road trip, vaut à elle seule le déplacement. Un enchaînement de virages nous mène en altitude, la végétation change puis disparaît progressivement à l’approche du col puis la descente se fait dans un nouveau décor somptueux et à chaque fois différent. C’est l’occasion de faire de nombreux arrêts dont une pause barbecue prés du lac alpin de Tenaya lake.







Le soir, nous trouvons une place dans un joli camping avec vue sur le Mono Lake. Ce lac, apparu il y a plus de 700.000 ans, est un des plus vieux de l’Amérique du Nord.


6 octobre.
Nous visitons le site de South Tufa où d’étonnantes concrétions calcaires, formées il y a 13.000 ans sous la surface par un mélange de carbone et de calcium, se dressent aujourd’hui hors de l’eau. Car depuis les années 1960 les sources alimentant le lac ont été détournées au profit de Los Angeles, entraînant une baisse considérable de son niveau. A terme pointe le risque d’asséchement.


50 km plus loin, nous faisons un arrêt pour le lunch à la station de ski de Mammoth Lake, après une très jolie scenic road dans les sapins. C’est simple, on s’arrête sur un parking ou au bord de la route par exemple, on s’installe derrière et on déjeune. Nous sommes partout à la maison avec à chaque fois un environnement différent, un peu comme en bateau.
L’après-midi nous arrivons à Lone Pine, petite ville de l’Ouest fondée lors de la ruée vers l’or. Elle est depuis devenue une annexe de Hollywood. C’est l’occasion de visiter les Alabama Hills et la Movie Road où furent tournés de nombreux westerns.



Nous nous installons pour la nuit à Tuttle Creek Campground au milieu d’un somptueux décor en panavision.

En fait de camping, nous sommes dans un site isolé et sauvage où sont aménagés sommairement des emplacements sans eau ni électricité, avec parfois une table et la possibilité de faire un feu de camp. Nous utiliserons souvent ce genre de « camping » à 10$ la nuit à déposer dans une boite, sinon ce sera en pleine nature à l’écart de la route. Plusieurs applications pour mobiles répertorient ces endroits et permettent de profiter, via les commentaires, de l’expérience de nos prédécesseurs.

7 octobre.
Retour à Lone Pine, via une petite route étroite qui serpente entre les rochers, pour visiter le musée du cinéma Western.




Puis, après avoir vérifié nos réserves de carburant, de gaz et d’eau car il faut parfois faire des centaines de kilomètres avant de pouvoir ravitailler, nous reprenons la route qui devient rectiligne et nous amène à Stovepipe Wells à l’entrée du Death Valley National Park.

Là, changement radical de décor et de climat. Nous sommes dans un des endroits les plus désolées et les plus chauds de la planète. Lorsque nous quittons le camping-car, nous avons l’impression de pénétrer dans un four. Nous sommes début octobre, il fait encore 40° à l’ombre (et il n’y a pas d’ombre puisque pas d’arbres) et l’air est très sec. En été, il n’est pas rare d’avoir 50° avec un record mondial jamais égalé de 57° en 1913…

Un peu plus loin, surprise, on se croirait dans le Sahara. Des dunes de sable ont été formées par les vents qui convergent à cet endroit et déposent inlassablement les grains de sable venus des montagnes environnantes, magique.



Une autre curiosité du parc, Badwater où nous pouvons fouler le lac salé qui recouvre une grande partie de la vallée. Nous sommes à 86 mètres sous le niveau de la mer et là aussi, malgré le soleil couchant, il fait très chaud.



Par une étroite et sinueuse route à sens unique, nous traversons ensuite le site d’Artist’s Pallet Drive où les pigments minéraux donnent aux pierres et roches des nuances d’ocre et de vert saisissantes.

La nuit à Furnace Creek la bien nommée est étouffante, à peine quelques degrés de moins qu’en journée… La clim nécessitant un branchement électrique, nous ferons sans.
8 et 9 octobre.
Après cette nuit torride nous nous dirigeons vers la sortie de Death Valley via Zabriskie Point, autre petite merveille du parc, puis le point de vue de Dantes View qui surplombe la vallée.


Direction le Nevada et Las Vegas, un univers aux antipodes de Death Valley. Véritable aberration construite en plein désert, cette ville délirante, absurde et capitale du kitsch est née et s’est développée grâce aux mariages et divorces rapides, pratique pour les pionniers à l’époque, puis aux jeux d’argent qui ont été légalisés dès 1931 dans cet Etat.


Il fait aussi très chaud à Las Vegas. Nous trouvons refuge dans un des nombreux RV (Recreational Vehicule) Parks en périphérie de la ville. Ces parkings à camping-car, parfois immenses, offrent tout le confort, eau, électricité, câble TV, raccordement direct aux eaux usées, piscine etc mais sont sans charme et complètement impersonnels. C’est néanmoins l’occasion de nous familiariser avec les raccordements d’eau et d’électricité, ainsi que les dispositifs de vidange des eaux noires et des eaux grises de notre camion.



Nous n’y passerons que deux nuits, le temps de visiter Las Vegas et plus particulièrement ce fameux « Strip », l’avenue principale où s’alignent casinos et hôtels gigantesques.

Diaporama:


Trop de monde, trop de bruit, trop chaud, trop de superflu et trop de non-sens, ce n’est vraiment pas notre univers. Et comme la coutume veut que tout ce que l’on dit ou fait à Vegas reste à Vegas.
Je ne vous en dirai pas plus…


















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