Horse Latitudes and Bermuda

27/05/2017

Latitudes des chevaux… What is it ? En gros et pour résumer, c’est là où il n’y a pas ou peu de vent… A hauteur du 30e parallèle et se décalant vers le Nord l’été et le Sud l’hiver, le fameux anticyclone des Açores repousse l’été les dépressions vers le Nord de l’Europe et génère dans la partie Ouest de l’Atlantique des vents très faibles avec de longues périodes de calmes plats. C’est la région tant redoutée de la mer des Sargasses où les voiliers restaient couramment encalminés pendant de longues semaines.

Et les chevaux alors, qu’est-ce qu’ils viennent faire la dedans ? Et bien, sur les voiliers de l’époque, l’eau venant à manquer, les équipages étaient contraints à tuer les animaux y compris les chevaux, d’où le nom « Horse Latitudes ». Bon, nous, nous n’avons pas de cheval à bord, nous avons un déssalinisateur et un moteur pour quitter les zones sans vent, ça devrait aller…

Nous partons de Puerto Rico au vent de travers avec une bonne brise et une mer agitée. Puis au 4e  jour, après avoir navigué dans des vents variables sous spi et aussi au près, plus rien, c’est la pétole et 3 jours au moteur pour approcher les Bermudes.

Traversée plutôt tranquille, nous longeons le côté Est du triangle formé par San Juan, Miami et les Bermudes, donc pas de problème avec les Extra-Terrestres et autres phénomènes inexpliqués dans cette zone. Mais malgré tout, la 2e nuit, réveil en fanfare par une alarme de pompe de cale, il y a de l’eau dans les fonds. On coule? Non, c’est de l’eau douce, donc pas de trou dans la coque, ouf… Un collier s’est desserré sur un tuyau du circuit d’eau sous pression, libérant ainsi les 200 litres d’eau d’un réservoir dans les fonds de cale. Plus de peur que de mal, on n’a plus qu’à écoper et sécher les fonds, youpie… !! Une autre fois, vers 6 heures du matin, Fred vient me réveiller. Le moteur a calé net… Le temps de faire surface – je m’étais couché 2 heures avant – je mets un masque et découvre autour de l’hélice un gros paquet de cordages, filets et casiers en plastique. Heureusement l’eau est bonne et Fred, en apnée, libère l’hélice sans difficultés. Mais c’est quand même impressionnant de se baigner au milieu de nulle part avec 5.000 mètres d’eau sous les pieds et de gros tazards qui vous tournent autour à l’affut des petits poissons réfugiés dans les filets sous la coque.

Après une semaine de navigation et 860 MN parcourus, nous arrivons aux Bermudes en même temps qu’une dépression avec un bon vent de Sud/Ouest force 5/6 et une mer formée. Les Bermudes, c’est plusieurs îles imbriquées les unes dans les autres et entourées de récifs et d’épaves. Les premiers colons étaient des naufragés en partance pour l’Amérique. Une zone d’exclusion a depuis été créée, interdisant la navigation des cargos autour de l’archipel. Apres identification et autorisation d’entrée par Bermuda Harbor Radio, nous empruntons le chenal d’accès et jetons l’ancre au Nord, à St Georges, parmi de nombreux voiliers en escale, en partance pour l’Europe via les Açores ou pour le Nord-Est des Etats-Unis et le Canada.

Ici dans ces îles britanniques, l’ambiance est décontractée, tout est propre, bien rangé, maisons et églises multicolores dans les tons pastels et toitures blanches. On se croirait chez Disney avec les prix qui vont avec, 40$ le kilo de viande, 7,5$ la brique de jus d’orange (2L), 4,5$ le pain, sans compter le gasoil trois fois plus cher qu’à Puerto Rico (le dollar bermudien équivaut exactement au dollar US). Mieux vaut avoir fait un bon avitaillement avant…

Seule touche d’originalité, comme savent bien le faire les anglais, qui comme chacun sait ont très bon goût, le dress-code pour les hommes en ville c’est le costume/cravate mais sous la ceinture un bermuda de couleur vive, jaune, orange ou vert pomme. On a l’impression qu’ils ont oublié de mettre leur pantalon, la grande classe…

En ce moment se déroule au Sud de l’archipel, à Hamilton, la mythique America’s Cup. Le haut degré de technologie ainsi que la vitesse des AC45, véritables bateaux volants, est impressionnante. Ils survolent le plan d’eau comme des avions en rase-motte lors de différents duels éliminatoires. Nous ne verrons pas l’équipe française malheureusement éliminée… Impressionnante aussi la logistique mise en place pour l’évènement qui a lieu tous les 4 ans seulement et pour la première fois aux Bermudes.

Je vous écris du mouillage où le vent souffle à 30 nœuds depuis ce matin. Les dépressions se succèdent et nous sommes maintenant dans l’attente d’un bon créneau météo pour parcourir les 650 MN qui nous séparent de Newport (au Nord de New-York). Nous devons traverser le puissant Gulf Stream qui porte vers le Nord et pour cela éviter à tout prix un coup de vent de NW qui lèverait une mer dangereuse.

Wait and see..

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Départ de San Juan, Puerto Rico, avec une bonne brise…

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…puis navigation plus tranquille sous spi…

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…et vent arrière, génois tangoné…

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…et au moteur avec les inconvénients que cela comporte, hélice bloquée à 6 heures du matin.

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Arrivée aux Bermudes…

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…à St Georges

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Rues et villas de St Georges

 

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Rassemblement de grands voiliers dans la baie de St Georges

 

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Nos voisins canadiens en partance pour le Nord

 

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Hamilton, ses Méga Yachts…

 

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…et la coupe de l’America, duel Suède / Japon

 

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Retour des Japonais aux stands…

 

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…et aussitôt, sortie du bateau pour inspection

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Les églises multicolores d’Hamilton…

 

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…et le bon goût anglais.

 

Wait and See, suite…

Bon j’ai commencé à écrire cet article il y a une dizaine de jours et l’escale se prolonge. De bons créneaux météo, je crois que nous avons dû en laisser passer quelques-uns…

Nous sommes bien aux Bermudes. L’ambiance « voyage » avec les allers-et-venues de nombreux voiliers de toutes nationalités, l’effervescence de l’America’s Cup, le calme de St Georges, les chemins de rando, les criques où l’eau est encore plus turquoise qu’aux Antilles et à peine plus fraiche. En fait nous ne sommes pas pressés de remonter dans le Nord où les températures sont certainement plus basses ! Nous avons exploré l’archipel du Nord au Sud et d’Est en Ouest, à pied, en bus, en ferry, en kayak, à vélo, en snorkeling… entre les divers petits travaux d’entretien et notre 9e carénage depuis le Brésil.

Tout est beau sur ces cailloux perdus en Atlantique Nord, qui sont en fait les restes d’un volcan et ne sont habités que depuis 1609, découverts fortuitement par des naufragés.

Ici pas de flotte de bateaux de location comme dans les Antilles, que des bateaux locaux et de nombreux voiliers en escale. Mais nous n’allons pas nous éterniser. Le temps passe et les dollars filent vite. Dès que le vent sera établi au secteur Sud, l’idée est de partir vers l’Ouest et d’attraper le Gulf Stream qui nous portera au Nord vers notre destination.

A bientôt aux States.

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Langouste, murène verte et poissons rencontrés dans les eaux des Bermudes : baliste océanique, poisson porc-épic, poisson-coffre, poisson-lion, poisson-perroquet, poisson-papillon à 4 yeux, poisson-coffre, poisson-ange bleu des Bermudes, carange, poisson-scorpion et poisson-trompette.

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Mouette Long-Tail, endémique des Bermudes.

 

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Vue du bateau sur St Georges

 

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Notre voisin polonais sur un minuscule croiseur en partance pour les Açores

 

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Un des nombreux plans d’eau intérieurs

 

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Eaux turquoises au Nord de l’île

 

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Coup de canon et cornemuse…

 

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…pour saluer le départ à la retraite de leur Révérend, présent sur le paquebot

 

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Les jolis Dollars Bermudiens…qui fondent sous le soleil !

 

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Apparition du Faucon Maltais, merveille de technologie, manœuvrable par un seul homme

 

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Le phare de St David au Nord-Est

 

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Vue du phare

 

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St Georges et notre mouillage en haut, sous le gros nuage

 

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Clearwater Beach à l’Est

 

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Pic-nic et snorkeling dans la réserve de Cooper Island

 

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Ferry-Point à l’Ouest

 

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Fred qui regarde les énormes poissons-perroquet dans l’eau translucide

 

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Le fameux Triangle des Bermudes existe. On l’a trouvé…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 Responses to Horse Latitudes and Bermuda

  1. Avatar de PAUL HUCKERT PAUL HUCKERT dit :

    Magnifique, votre dernier blog !

    On vous attend dans le Maine…

    Pour le moment, Pollux est à NYC avec Paul et moi je suis rentrée à la maison une semaine, question de gérer les incontournables. Nous quitterons NYC vers le 25/6. Direction Long Island.

    Concernant la « cruising license », nous avons 2 versions :

    – à Norfolk, on nous a dit que si on voulait un nouveau permis, il fallait quitter les USA 15 jours (+ modalités strictes à respecter) et en redemander un au retour ; à défaut, à chaque mouvement, on se présente en personne aux CBP et on paie 19 $…. – à Baltimore, le mec qui semblait sortir d’une sieste éternelle, nous a dit : « quand la cruisig license est épuisée, vous venez et on vous en donne une autre » (sans plus ?) : surréaliste, n’est-ce pas ?

    Bref, c’est toujours le flou artistique complet….Nous aviserons en fonction des circonstances (météo, timing,…) Au plaisir de vous revoir, Marianne & Paul

    PS ici aussi, tout est super cher – restos mauvais et 3 x le prix belge !

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  2. Avatar de Florence et Dominique Salmon Florence et Dominique Salmon dit :

    Merci pour les news. Nous préparons notre retour à Panama (01/2018) échange contre neuf du pilote Simrad , idem pour l’iridium GO … à bientôt sur votre blog . Amitiés de nous 2.

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