Du 12/10/2020 au 7/12/2020
Les mouillages des Marquises sont réputés pour être rouleurs. Les îles, confettis au milieu du Pacifique, reçoivent en permanence une houle de secteur Est qui les contourne et s’immisce dans les baies les plus profondes. Nous commençons à être habitués et composons avec… La grande baie de Puamau au Nord-Est de Hiva Oa ne déroge pas à la règle et je crois même qu’elle détient la première place dans le classement des mouillages agités.

Nous y jetons l’ancre après une traversée tranquille vent de travers depuis Fatu Hiva. Il y a bien une cale et quelques barques de pêcheurs mais impossible de débarquer, la houle est trop forte. Quant à la plage de galets, les rouleaux nous dissuadent rapidement toute approche avec l’annexe. Dommage car il y a une belle vallée à visiter, avec de nombreux sites archéologiques. Après une mauvaise nuit, nous quittons cet endroit pour Hanatekua, 10 MN plus à l’Ouest, une petite baie orientée NW bordée d’une plage de sable blanc et de cocotiers. Là vit un vieil homme sous une cocoteraie. La journée est rythmée par le passage de quelques randonneurs et de marquisiens qui récupèrent la coprah ou viennent donner à manger à leurs animaux. Pour compléter le tableau, des chèvres à flanc de colline, des chevaux en liberté qui galopent sur la crête et une raie manta qui vient se nourrir autour du bateau.

Nous visitons ensuite 2,5 MN plus à l’Ouest le petit village de Hanaiapa et ses rues bordées de fleurs. Mais la baie agitée et la plage de galets noirs ne nous incitent pas à rester plus d’une nuit et nous revenons à notre précédent mouillage tout proche.







La très belle baie de Hanamenu à la pointe Nord-Ouest de Hiva Oa est trop agitée lors de notre passage. Nous décidons de rejoindre directement Atuona pour refaire l’avitaillement.





Après un bref passage à Hapatoni sur l’île de Tahuata, le cap est mis ensuite sur l’île de Ua Pou, à 70 MN au Nord-Ouest, à l’allure confortable de grand largue. La vue à l’approche de Hakahau au Nord-Est de l’île est spectaculaire et n’a rien à envier à la Baie des Vierges sur Fatu Hiva. De grands pics balayés par les nuages dominent la vallée. L’entrée du mouillage, exposée à l’Est, est très agitée mais une fois derrière la digue, le plan d’eau est plus calme, bien qu’il nécessite quand même une ancre arrière pour ne pas rouler comme un culbuto.



Nous visitons l’exposition d’artisanat et assistons aux danses traditionnelles organisées pour les croisiéristes de l’Aranui qui, par chance pour nous, font justement escale ce jour-là !




Nous rencontrons ensuite Jérôme et sa femme qui tiennent un lodge au-dessus du port, avec une vue époustouflante sur la vallée et les pics. Nous y déjeunons en compagnie d’une famille de Français bloquée là depuis une semaine pour une suspicion de Covid. Les derniers tests s’avérant négatifs, ils pourront enfin quitter l’établissement. Même aux Marquises, le virus n’est jamais loin et il faut rester vigilant !
Jérôme, qui est également guide, nous propose de belles randos autour des pics mais malheureusement, il n’est pas disponible avant une semaine… et l’idée de se faire secouer toute la semaine ne nous enchante pas. Nous levons donc l’ancre pour visiter la côte Ouest, sous le vent de l’île et pourtant quand même avec de la houle…

A Hakahetau nous trouvons refuge derrière des rochers à l’entrée de la baie, ça bouge moins qu’au milieu. Dans ce petit village nous rencontrons « Ti Pierrot », un breton, ancien de la navale qui officiait dans les cuisines et tient maintenant une pension. Il nous fait déguster un excellent repas à base de poisson : tournedos de thon entouré de bacon et déglacé à la crème, accompagné d’un carpaccio de tazard fumé et ses petits farcis de mousse de poissons et poivrons. Un régal ! Aux Marquises, il est très rare de trouver un endroit pour manger alors quand l’occasion se présente, on en profite !

Plus bas sur la côte Ouest, nous mouillons à Hakaatu, une petite crique assez profonde et – miracle ! – à l’abri de la houle. A terre, rien… hormis un baraquement inoccupé et des cochons très occupés. Nous restons là plusieurs jours et y revenons après avoir fait un aller-retour jusqu’au Sud de l’île. Le temps passe, agréablement d’ailleurs, mais il nous faut rejoindre Hiva Oa au Sud de l’archipel pour sortir le bateau fin novembre.

Pour cela, nous mettons le cap au Nord à 30 MN vers Taiohae, la capitale de Nuku Hiva que nous connaissons et où nous sommes certains de pouvoir faire des courses. Le mouillage dans la caldeira est beaucoup plus calme que lors de notre précédent passage, quand nous sommes arrivés de la transpacifique début août. Le vent passe progressivement de l’Est/Sud-Est à l’Est/Nord-Est à cette période de l’année et ça change tout, pratiquement plus de houle… !


Quelques jours plus tard, nous profitons de ce vent d’Est/Nord-Est pour rejoindre sur un seul bord, au près évidement, Atuona sur l’île de Hiva Oa.

Là, le bateau est sorti de l’eau sur un chariot tiré par un engin de travaux publics et mis à l’abri dans le parc de l’unique petit chantier naval des Marquises.


Les travaux « annuels » commencent et nous avons 5 jours pour préparer ORPAO à un repos bien mérité. Hormis l’entretien habituel (démontage et stockage des voiles, nettoyage de la carène et graissage de l’hélice, remplacement des anodes, rinçage des moteurs, nettoyage des fonds sous les planchers, etc..), il y a heureusement peu de réparations de casse ou de pannes.


Le dessalinisateur, hors-service depuis plusieurs semaines pour cause de grosses fuites, est démonté et sera envoyé par le Taporo chez l’agent à Papeete pendant notre absence.

Quelques coutures à reprendre sur les tauds de protection (constamment exposés aux UV), sur le point de drisse de la trinquette (qu’on a beaucoup utilisée) et une pièce de nylon sur le spi asymétrique (déchiré lors de son passage sous le bateau pendant la transpacifique).
Plus embêtant : le compartiment batteries (caisson en bois) dont le fond s’est affaissé suite aux nombreux chocs répétés dans les vagues prises au près… Il devra être consolidé avec de la fibre de verre, nous verrons cela à notre retour ! Un bateau bien préparé et entretenu nous préserve de beaucoup de problèmes parfois difficiles à gérer au large.


Un long voyage de retour nous attend : nous sommes à 18.000 km de Paris…. Un premier vol inter-îles nous emmène d’abord à Tahiti, 1.500 km plus à l’Ouest (durée 5h30, avec une escale à Nuku-Hiva). À Papeete, nous passons 2 nuits, notre vol pour Paris ayant été retardé en dernière minute de 24h. Nous en profitons pour visiter la ville.












Le vol pour Paris dure 22h, avec une escale technique à Vancouver, où nous devons rester dans l’avion (mesures Covid). Arrivés à Paris Orly, il est trop tard pour prendre un TGV pour Nice… alors nous sommes hébergés chez nos amis Didier et Bénédicte du voilier TIPLOUF, qui habitent non loin d’Orly. Nous passons une soirée très sympa, bien qu’un peu déboussolés par le manque de sommeil et le décalage horaire de 11h. Finalement, c’est après 4 jours de voyage que nous arrivons à Nice le 7 décembre.

Le confinement jusqu’au 15 décembre puis un couvre-feu dès 20h nous remettent rapidement dans le bain. A présent, tout en respectant les restrictions pour éviter la propagation du virus, nous comptons bien visiter et profiter de la famille et des amis à Nice, Paris et Bruxelles.
Bonnes fêtes de fin d’année à tous !
Merci de nous lire.
Youhouuuuu! Welcome back les aventuriers du bout du monde 🙂
Contente de lire ce merveilleux récit. Merci pour votre partage.
Hâte d’entendre ça de vive voix et de vous voir en vrai dans quelques jours.
Gros kiss
Pat
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Merci Frederique et Bruno de partager ces magnifiques expériences de voyage qui me font rêver à chaque fois.
J’ai hâte de vous voir dans quelques jours à Bruxelles.
Je vous embrasse
Philippe
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