Colombie Britannique : l’Est de l’île de Vancouver 




Du 12/05 au 27/06/2024

Entre l’île de Vancouver et le continent, nous remontons vers le Nord le détroit de Georgia Strait, véritable mer intérieure où nous devons nous accommoder d’un vent qui souffle du NW et des horaires de marée. Nous longeons la Sunshine Coast et effectivement, c’est plutôt ensoleillé. Plus au Nord, c’est un dédale de canaux balayés par de forts courants et reliés par des passages étroits, appelés ici « rapids », qu’il faut emprunter à l’étale de marée. Sinon des courants violents allant jusqu’à 10/15 nœuds en barrent le passage…

Notre zone de navigation.

Atlas des marées et courants sous le bras, nous progressons par petites étapes en profitant de nombreux mouillages très abrités.

Au Nord de Vancouver City, près de Bowen Island.
Colonie de lions de mer sur un îlot rocheux dans Georgia Strait.
Arrêt pour enlever le kelp dans les safrans.

Mention particulière pour Smuggler Cove où nous relâchons pendant un coup de vent de Nord, bateau amarré par l’arrière dans les rochers.

Vue depuis notre mouillage de Smuggler Cove, avec 35 nœuds à quelques dizaines de mètres.

Nous rejoignons ensuite Pender Harbor, grand port naturel qui nous servira de base arrière pour la visite des environs. Nous commençons par Princesse Louisa Inlet : après avoir remonté le long fjord de Jervis Inlet, au bout duquel il faut franchir les très étroits Malibu Rapids, se trouve un site exceptionnel entouré de hautes falaises et d’une gigantesque chute d’eau.

En remontant Jervis Inlet.
Princess Louisa Inlet…
…et sa gigantesque chute d’eau.
No comment…
Sortie de Princess Louisa Inlet par l’étroit passage des Malibu Rapids.
Baley Bay, au milieu de nul part, Monsieur rentre le soir à la maison en floatplane.

Au retour, nous nous arrêtons à Egmont dans le Sechelt Inlet, pour aller observer au terme d’une belle rando, les fameux Sechelt Rapids. Au plus fort de la marée, le courant atteint treize nœuds, impressionnant. A certaines périodes de l’année, des kayakistes et surfeurs se mesurent aux vagues. 

Sechelt Rapids en vives eaux, 13 nœuds
Mieux vaut attendre l’étale de marée pour passer.

Autre belle découverte, les Lasqueti Islands au SW de la grande île de Texada. Malheureusement le mauvais temps ne nous permet pas d’en profiter pleinement. Nous nous mettons à l’abri dans le joli port de Comox, sur l’île de Vancouver, après avoir fait demi-tour une première fois la veille, au milieu du Georgia Strait, avec 35 nœuds de vent au près et une mer déchaînée… vent et courants contraires ne font pas bon ménage !

Mouillage à Sandy islands marine park, au Sud de Comox.
Jolis balcons à Comox.

Après Comox, cap plus au Nord-Est. Nous revisitons rapidement Désolation Sound qui, malgré son nom (donné en 1792 par l’explorateur Georges Vancouver, qui estimait qu’il n’y avait là rien de plaisant pour le regard…), est un des plus beaux endroits, avec de nombreux et superbes mouillages très protégés.

Prideaux Haven, un des plus beaux mouillages de Désolation Sound.
Crabes Dungeness pour le repas du soir.
Et parfois des crevettes.

Toujours plus au Nord, nous empruntons un dédale de passages étroits et de rapides que nous devons impérativement passer à l’étale de marée. Ici, le temps change. Nous avons franchi une barrière climatique et fini la Sunshine Coast : plus de soleil, il pleut souvent et la température chute de quelques degrés. En même temps, les sites sont aussi exceptionnels.

Mouillage à l’abri au fond de Knight Inlet, à la rencontre des grizzlys, très discrets. Nous n’en apercevons qu’un…

Nous rejoignons ensuite le Johnstone Strait, que nous avions emprunté dans l’autre sens l’année dernière en octobre lors de notre retour d’Alaska, puis mettons le cap sur les Broughton Islands, une multitude d’îles et d’îlots. Très belle région, très sauvage, malheureusement très pluvieuse et assez frustrante car nous sommes souvent bloqués sur le bateau : il y a peu d’endroits où descendre à terre car les îlots sont rocheux et les sapins tombent dans l’eau.

Un petit rayon de soleil et un bel arc en ciel entre deux averses.

Ici, il n’y a plus de route et les gens se déplacent en bateau ou en hydravion. Les seules activités sont saisonnières : la pêche et l’exploitation forestière. Quelques villages installés sur des anciens sites de bûcherons ou des pontons flottants, et des communautés natives qui se réserves l’accès à « leurs terres ».

Débardage des grumes de bois par hélicoptère.
Communauté sur l’eau dans Alert Bay.

Nous y faisons la connaissance de Billy Procter, vieux monsieur de 93 ans qui vit seul, isolé dans sa maison. Véritable mémoire de la région après une longue vie comme bûcheron, pêcheur puis garde-côte, il a écrit plusieurs livres et entretient près de sa maison un petit musée que visitent les navigateurs de passage.

Quelque part dans les Broughton’s

Autour de nous, la faune est toujours omniprésente. A terre, nous pouvons rencontrer des ours, des loups, des pumas… et la prudence est de rigueur lors de randos. Sur l’eau, nos compagnons de route sont les loutres et les lions de mer.

Ponton privé submergé par des squateurs.

Nous quittons ensuite les Broughton’s et traversons le Queen Charlotte Strait pour retrouver la civilisation. D’abord à Cormorant Island, communauté native où nous visitons le très intéressant U’mista Cultural Center, centre qui regroupe des objets cérémoniels des différentes tribus de la région et enseigne leurs savoirs et techniques artisanales. 

Puis le village de Sointula, sur Malcolm Island. Sointula (« harmonie » en Finlandais) fut créé par des immigrants finlandais qui, au début du vingtième siècle, rêvaient d’une utopie coopérative. L’utopie n’a pas duré mais il en reste un joli village à l’architecture nordique, très bien entretenu.

Enfin, dernière étape, Port Mc Neil, où nous faisons un gros avitaillement avant de rejoindre l’Ouest sauvage de l’île de Vancouver.

Mais ça, c’est une autre histoire.

Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

1 Response to Colombie Britannique : l’Est de l’île de Vancouver 

  1. Avatar de P H P H dit :

    Chers Frédérique et Bruno, Merci de nous envoyer des histoires d’un autre monde. « Vent couvert » et froid c’est bien loin de la Méditerranée… Ici la fin de saison arrive, j’ai un peu froid, l’air n’est plus qu’à 24°C et la mer à 23°C il y a 15 jours, l’air était à 32° et l’eau à 29°, cela doit vous faire rêver ! On vous souhaite que du bon (comme disent les Suisses) Amitiés et bon vent. Marianne et Paul

    J’aime

Répondre à P H Annuler la réponse.